—Chaque mot qui s'est dit entre vous et Fagin (le juif) m'est connu, dit M. Brownlow. Les ombres que vous avez vues vous-même sur la muraille ont retenu vos chuchotements et me les ont rapportés. La vue de l'enfant persécuté a changé le vice en courage, et je dirai même en vertu. Un assassinat vient d'être commis, assassinat que vous avez commis moralement, sinon réellement . . .

—Non! non! s'écria Monks, j'en suis innocent, je vous assure! j'entrais pour prendre des informations à ce sujet quand vous m'avez arrêté. Je n'en connaissais pas la cause; j'attribuais cela à toute autre chose.

—La révélation d'une partie de vos secrets en est la seule cause, dit M. Brownlow. Voulez-vous révéler le reste?

—Oui, oui, certainement!

—Avouer la vérité devant témoins?

—Je le promets aussi.

—Rester tranquille jusqu'à ce que j'aie pris d'autres renseignements, et venir avec moi en tel lieu qu'il sera nécessaire?

—Si vous insistez sur ce point, j'y consens encore, répliqua Monks.

—J'exige de vous plus que cela, ajouta M. Brownlow: il faut que vous fassiez restitution à votre frère. Bien que ce pauvre enfant soit le fruit d'un amour coupable, il n'en est pas moins votre frère. Vous connaissez les clauses du testament; exécutez-les quant à ce qui regarde le petit Olivier, et allez ensuite où vous voudrez.

Tandis que Monks se promenait de long en large dans la salle, réfléchissant aux conditions expresses que lui dictait M. Brownlow, M. Losberne entra tout ému.