—D'où vient-il?
—Du pays de la Jobardière. Fagin est-il en haut?
—Oui, il assortit les blavins. Allons, montez.
La lumière s'éloigna et la tête disparut.
Olivier, cherchant son chemin à tâtons d'une main, et de l'autre tenant les basques de l'habit de son compagnon, arriva non sans peine au haut de l'escalier sombre et à moitié brisé que le fin Matois escalada avec une assurance et une agilité qui prouvaient assez que le chemin lui était connu. Celui-ci ouvrit la porte d'une chambre donnant sur le derrière de la maison, et y fit entrer sa nouvelle connaissance.
—C'est mon ami Olivier Twist, que je vous présente, Fagin, dit le Matois.
Le juif sourit, et, faisant un profond salut à Olivier, il le prit par la main en lui disant qu'il espérait avoir l'honneur de faire sa connaissance. [4]
—Nous sommes charmés de te voir, assurément! dit le juif. Le Matois! retire les saucisses de la poêle et approche du feu ce paquet pour qu'Olivier s'asseye. —Ah! tu regardes les mouchoirs de poche, hein, mon ami? N'y en a pas mal, n'est-ce pas? Nous venons justement de les compter pour les envoyer au blanchissage; voilà tout, Olivier. Ha! ha! ha!
Ces dernières paroles du juif excitèrent les applaudissements de ses jeunes élèves, et ce fut au milieu des éclats de rire de la compagnie qu'on se mit à table.
Olivier prit sa part du souper; et le juif lui ayant versé un verre de genièvre et d'eau chaude, en lui recommandant de le boire tout de suite, afin de passer son gobelet à un autre, il ne l'eut pas plus tôt avalé qu'il se sentit porter doucement sur l'un des sacs, où il s'endormit d'un profond sommeil.