—Vous ne voulez pas dire que c'est cet enfant qui a eu la fièvre, je pense? dit M. Grimwig reculant encore. Attendez un peu! ne dites rien! M'y voilà! ajouta-t-il brusquement, perdant toute crainte de la fièvre, enchanté qu'il était de sa découverte; c'est cet enfant qui a mangé une orange, et qui en aura jeté l'écorce dans l'escalier! Si ce n'est pas lui, je veux manger ma tête et la sienne par-dessus le marché!

—Non; vous vous trompez; il n'a pas mangé d'orange, dit en souriant M. Brownlow. Allons, posez là votre chapeau, et parlez à mon jeune ami.

—C'est là le garçon dont vous m'avez parlé, n'est-ce pas? dit enfin M. Grimwig.

—C'est lui-même, répondit M. Brownlow, faisant un signe de tête amical à Olivier.

—Eh bien! comment vous portez-vous, mon garçon? reprit Grimwig.

—Beaucoup mieux, Monsieur, je vous remercie, répondit Olivier.

M. Brownlow, craignant que son singulier ami ne dit quelque chose de désagréable à son jeune protégé, pria celui-ci d'aller dire à madame Bedwin qu'ils étaient prêts pour le thé, ce qui fit d'autant plus de plaisir à l'enfant, que les manières du nouveau venu ne lui revenaient qu'à moitié.

—Ne trouvez-vous pas que cet enfant est intéressant? demanda M. Brownlow.

—Je ne sais pas trop, reprit sèchement Grimwig.

—Vous ne savez pas?