Il y eut un court silence. Le maigre visage de l’Altesse s’était empourpré.

— Et si je vous ordonnais de m’obéir ? s’écria-t-elle.

— Votre Altesse oublie que je ne suis pas sa sujette. Française et, conséquemment, libre, je ne fuis pas en déloyale. J’ai, simplement, le regret de prévenir Votre Altesse de mon départ et l’honneur de la saluer.

Tête haute, elle était sortie du cabinet de travail, laissant les deux complices dans la plus profonde stupéfaction.

Sans tarder, elle avait réglé ses préparatifs de départ et prévenu Wogenhardt qui lui avait promis, après en avoir référé au Chancelier, de tenir une automobile à sa disposition, afin qu’elle pût prendre à Schoënfeld, l’Orient-Express lui permettant de regagner la France.

Pas une seconde, elle n’avait songé au prince. Elle s’étonnait, à la réflexion, qu’il n’eût fait aucune tentative pour la revoir. Peut-être lui avait-on caché son départ ?… Et puis le crime de Sérajevo avait mis bien des cervelles à l’envers.

A l’idée de la fureur de Baghzen-Kretzmar, Françoise ne pouvait s’empêcher d’esquisser un bref sourire malicieux.

L’auto avait un arrêt brusque…

Dans le noir d’une campagne déserte, Mlle de Targes, levant une vitre, interrogea le conducteur :

— Qu’y a-t-il ?… Un accident ?…