— Sait-on jamais ?
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Le soir, en s’asseyant à la table que les nègres dressaient pour dîner dans le boudoir mauve, Mlle de Targes trouvait sous sa serviette, un écrin, plus large que celui qu’elle avait reçu à Felsburg. Il portait ses initiales : F. T.
La nièce de Moune le repoussait avec autant d’agacement que de dédain. Curieuse, Marina sollicita la permission de l’ouvrir.
— Ève sera donc éternellement tentée ! murmura Françoise avec une moue indulgente. Eh bien, ouvre, Pandore !
La Triestine eut une exclamation d’extase.
L’eau merveilleuse d’une rivière de diamants coulait, étincelante et splendide, entre les doigts brunis de l’Italienne. Cette parure était d’une inestimable beauté.
— Remettez ces pierres dans leur écrin et rendez le tout au valet qui fait le service, commanda la jeune fille en se levant aussitôt.
Cette attitude ne changea en rien la conviction du Prince, car chaque journée qui s’écoulait, interminable, amenait, à la même heure, sa visite, immédiatement suivie d’un fastueux cadeau.
Un nécessaire de voyage en vermeil précéda sans succès des perles du plus pur orient. Un coffret d’ivoire, dû au patient génie d’un artiste chinois et contenant des dentelles anciennes, blonde et point d’Argentan, suivit. Un somptueux manteau de zibeline clôtura la série des prodigalités, sans amener autre chose qu’un sourire d’écrasant mépris sur le visage de l’irréductible captive.