Ceci est affaire entre notre contradicteur et ceux qui l'emploient.
Pour ce qui nous concerne, nous n'avons pas à rechercher si l'auteur de l'article publié dans la Revue Contemporaine sous ce titre: Le Paraguay, reçoit un traitement, et si ce traitement est proportionné à ses mérites.
Nous pensons qu'un gouvernement est un client tout comme un autre, plus riche qu'un autre, par exemple, partant, qu'il n'accomplit qu'un acte de stricte justice en rétribuant, selon ses moyens, ceux qui le servent.
Quant à ceux-ci, ils n'ont pas à rougir de recevoir le prix d'un travail que leur conscience approuve.
Un écrivain ne se dégrade que lorsqu'il ment publiquement à ses convictions; lorsqu'il affirme cyniquement l'excellence d'une politique que, dans son for intérieur, il juge détestable; lorsque, enfin, pour une somme quelconque, il a vendu à des patrons qu'il méprise son âme avec sa plume.
Ce n'est point là, assurément, le cas de M. Le Long, défendant la cause de la triple alliance, et à qui sa conscience ne fait aucuns reproches, même quand il jette, souillés, mutilés, aux pieds du président Mitre, le cadavre des morts illustres du Paraguay et l'honneur des chefs qui leur ont survécu.
La bonne foi de notre contradicteur n'est donc pas mise en question: ce qu'il nous importe de déterminer, c'est le degré d'autorité qui appartient à ses jugements.
Etant établi que M. Le Long est devenu en 1867 le champion féroce d'un système qu'il a combattu avec acharnement de 1843 à 1852.
Et que ce publiciste, sans se soucier de se donner un triple démenti, rétrograde de 24 ans, pour harceler de nouveau le général Urquiza qu'il a violemment attaqué avant 1843, mais dont il a été l'allié à Caseros.
Nous avons le droit, cette énorme contradiction étant acquise, de demander à M. Le Long laquelle de ses opinions il adopte définitivement, celle d'avant 1843, celle de 1852, ou bien celle de 1867?