«L'honneur national» «la dignité nationale» [52], se refusaient à traiter avec le maréchal Lopez; mais cet honneur, cette dignité n'avaient pas craint de violer au Yatay, à Uruguayana, au Chaco, «ces règles dictées par la raison, l'humanité et la civilisation.» Ce même honneur, cette même dignité ne répugnaient pas, en vue du but à atteindre, à tramer dans l'ombre des complots monstrueux, à dresser des guet-apens perfides: moyens déloyaux, que peut seule adopter une politique matérialiste aux abois, mais que réprouvent énergiquement la conscience publique, le moderne droit des gens, les principes éternels qui régissent les sociétés chrétiennes.
[Note 52: ][ (retour) ]52: Expressions empruntées au discours prononcé par l'empereur Dom Pedro II, devant l'Assemblée Générale Législative, le 23 septembre 1867.
Et, en effet, sacrifier au but tous scrupules, toute pudeur, toute morale, n'est-ce pas répudier cyniquement ces conquêtes précieuses dont parle M. Frank, et, partant, n'est-ce pas, au milieu du progrès incessant des moeurs, rétrograder jusqu'aux âges de barbarie?
Telle a été la ligne de conduite suivie par les hommes d'Etat de Rio-de-Janeiro, ces Machiavels au teint bistré qui croient être aussi forts que leur modèle parce que, tout en repoussant, avec la Russie, l'emploi des balles explosibles, ils s'inspirent dans leurs actes de la fameuse devise: finis coronat opus, combinée avec cette sentence que Virgile met dans la bouche du sceptique Corèbe:
...Dolus an virtus quis in hoste requirat?
Nous allons établir, pour la complète édification des lecteurs, que les Huns et les Boticudos de la triple alliance ne se sont pas contentés d'abuser odieusement de la force brutale, mais encore qu'ils n'ont reculé devant aucune pratique détestable, y compris l'assassinat, pour ruiner, après avoir terni sa gloire, une noble nation qu'ils se reconnaissaient impuissants à vaincre.
III
Enrôlements des esclaves et des forçats.
Nous avons dit que le désastre de Curupaïty avait suffi pour placer les Etats confédérés dans une situation critique.