«Les Barbares s'avancent; la civilisation est en danger!»
Nous disons maintenant:
Les Barbares sont arrivés!
Le dernier rempart des libertés platéennes est détruit. Maîtres de l'Assomption, les confédérés dominent, à la faveur de l'escadre cuirassée, sur tout le cours des rivières et jusqu'à l'embouchure de la Plata.
C'en est fait de la libre navigation fluviale, si les puissances signataires du traité du 4 mars 1853 ne se hâtent pas d'intervenir; c'en est fait de la civilisation, pour un siècle au moins, dans tout le bassin platéen, si ces mêmes puissances laissent supprimer la nationalité paraguayenne, et si elles livrent ainsi la terre des héros et des femmes enchanteresses [80] aux égorgeurs du Yatay, aux violateurs de la capitulation d'Uruguayana, aux comédiens sacriléges du Chaco, aux brûleurs de Pilar, aux saccageurs de l'Assomption.
[Note 80: ][ (retour) ] Dans l'ouvrage intitulé: Voyage pittoresque sur les rios Paranà, Paraguay, San-Lorenzo, par Bartolomé Bossi, on lit cette appréciation des Paraguayennes:
Las mugeres son felices como en ninguna parte, libres como las aves, seductoras, communicativas.
Et les époux, les fils et les frères de ces séduisantes créatures seraient des êtres abrutis et cruels! Aux écrivains esclavagistes il appartenait de nier la divine loi d'amour.
L'histoire apprendra alors aux générations futures que le Paraguay, attaqué par des frères égarés, abandonné par des voisins égoïstes et jaloux, entamé par la trahison de quelques-uns de ses enfants et d'un ministre étranger, écrasé par le nombre de ses ennemis, a fini par succomber dans la lutte disproportionnée qu'il soutenait contre l'empire du Brésil, Montevideo et Buenos-Ayres.
L'histoire ajoutera que le Paraguay n'avait pris les armes qu'afin de défendre la politique, inaugurée dans la Plata, pour le plus grand avantage du commerce et de la civilisation, par la France et par l'Angleterre.
FIN