I
Provocations du Brésil
C'est donc à recommencer l'historique du conflit platéen que nous sommes condamné! soit! Notre récit sera court, mais substantiel; il aura pour base des dates authentiques.
En 1864, l'État Oriental était en proie à la guerre civile que le général Florès, soutenu par le Brésil et par Buenos-Ayres, avait portée sur son territoire.
La présidence de M. Berro avait atteint son terme légal.
Dans l'impossibilité de procéder à une nouvelle élection, Don Anastacio Aguirre, président du Sénat, avait, d'après les termes de la Constitution, saisi les rênes du gouvernement.
La situation est indiquée.
C'est au moment où l'Uruguay, déchiré par des discordes intestines, épuisé par la nécessité impérieuse de repousser les bandes dévastatrices de Florès, se débattait au milieu de complications de toute sorte; c'est à ce moment, disons-nous, que le Brésil envoya un ministre plénipotentiaire, chargé d'exiger la réparation de prétendus préjudices causés à des sujets brésiliens domiciliés sur le territoire oriental, et ce, pendant la période comprise entre 1852 et 1864.
Un corps considérable de troupes posté, l'arme au bras, à la frontière méridionale, et une escadre composée de navires de tout bord, devaient, au besoin, appuyer de leurs baïonnettes et de leurs canons les réclamations du ministre impérial.
Cet appareil belliqueux laisse déjà deviner la nature des instructions données au conseiller José Antonio Saraïva.