Total:
10,000
10,000
5,000
5,000
20,000
---------
50,000
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hommes,
--
--
--
--
hommes.
par
--
--
--
--
Buenos-Ayres.
Entre-Rios.
Santa-Fé.
Corrientes.
Les autres provinces.

Or, dans une remarquable étude intitulée: la Guerre du Paraguay, que contient le numéro de la Revue des Deux-Mondes du 13 septembre 1866, M. Duchesne de Bellecourt nous apprend que le contingent argentin,--c'est bien, argentin et non pas buenos-ayrien--n'a jamais dépassé 10,000 hommes.

M. Thorton réduit même ce chiffre à 7,500, et un officier de la marine anglaise écrit de la Plata que l'effectif de l'armée entière de Buenos-Ayres «ne compte pas plus de 6,000 hommes, y compris la légion étrangère.»

Mieux qu'une savante démonstration, ces chiffres établissent les véritables dispositions du peuple argentin, à l'endroit de l'alliance avec le Brésil.

Cependant, puisque quelques provinces, nous venons de le dire, ont répondu à l'appel patriotique qui leur était adressé, nous croyons utile de mesurer la profondeur de l'enthousiasme qui pousse les citoyens de ces mêmes provinces à abandonner leurs foyers, pour se rendre sur le théâtre de la guerre.

Le degré de faveur dont jouit auprès d'eux la politique du président Mitre, est exactement indiqué par cette réponse du gouverneur d'une des provinces argentines, à qui ce président demandait un nouveau contingent de recrues:

«Si vous voulez que je vous envoie des volontaires, réexpédiez-moi les chaînes et les menottes qui ont servi à vous envoyer le dernier détachement.»

Quelle ironie dans cette expression: volontaires!

Si nous ajoutons que ce mode de recrutement est également usité au Brésil--nous ne tarderons pas à le prouver--et que le contingent oriental, tombé sur les champs de bataille, n'a pas été remplacé, on conviendra avec nous que la guerre faite au Paraguay blesse le sentiment public, tant dans l'Empire que sur les bords de la Plata, partant, que les gouvernements de ces pays sont bien coupables d'avoir, depuis cinq ans, sacrifié tant d'existences humaines, gaspillé tant de millions, pour une cause aussi manifestement impopulaire.

Plus la réprobation générale du peuple argentin est un fait avéré, plus, reprendront les lecteurs impartiaux auxquels nous nous adressons, il devient nécessaire d'expliquer la conduite tenue par le général Mitre et qui a amené le conflit actuel.