«Chacun s'attend à la guerre, tant cette triste solution des difficultés pendantes semble naturelle sur les bords de la Plata.»

Urquiza sera-t-il assez fort, même en arborant la bannière de Cepeda, pour empêcher de se produire les funestes conséquences de sa longue, de son étrange inaction? C'est ce que l'avenir, un avenir prochain, nous apprendra. Si «la République brûle» toutefois, il n'est pas sûr que «Buenos-Ayres se sauve de l'incendie» suivant le voeu du vice-président argentin.

Toujours est-il que, en négligeant l'alliance du maréchal Lopez, Urquiza s'est fâcheusement privé d'un puissant auxiliaire avec lequel il aurait pu accomplir de grandes choses; tandis que s'il est contraint à tirer l'épée, il devra soutenir seul le choc d'un ennemi nombreux et, de plus, aguerri par une campagne de plusieurs années.

Complétons le tableau, en signalant les autres points du programme arrêté à Rio-de-Janeiro et à Buenos-Ayres.

Aussi bien, il est temps de conclure.

«Dans trois mois, avait déclaré Mitre, nous dicterons la paix aux Paraguayens dans leur capitale.»

Le veni, vidi, vici, de César, allait être surpassé par le président argentin. Celui-ci se proposait de cueillir la victoire entre deux cigarettes, avec une vitesse de locomotive.

Si cette prédiction avait pu être autre chose qu'une ridicule fanfaronnade, la deuxième partie du plan des confédérés aurait eu le même succès que la première.

Or, ce plan, le voici:

Réduit par l'exécution du traité du 1er mai 1865 au tiers de son territoire; privé de ses arsenaux, de ses forteresses, de ses armes, du chef auquel il a, librement, confié ses destinées; accablé sous le poids des contributions de guerre [29]; enfin, ravagé, pillé, humilié, ruiné pour un demi-siècle et condamné pour toujours à une impuissance absolue, le Paraguay cessait de compter parmi les nations indépendantes, puisqu'il restait à la merci de ses ennemis.