Craignant que l'enseignement contenu dans ce rapprochement historique ne soit pas suffisamment indiqué, l'auteur de la brochure ajoute cette phrase que les Etats latins de l'Amérique ne méditeront jamais assez profondément:

«Jusque-là, tout irait de mieux en mieux pour le Brésil, car les guerres civiles des républiques hispano-américaines sont des guerres faites pour le Brésil, sans que le Brésil y prenne part.»

Tel est le programme arrêté entre les ennemis du Paraguay, et dont le prologue était, avec le livre de M. Santiago Arcos, La Plata, l'invasion de l'Uruguay par les bandes pillardes de Flores. Ce programme, Mitre se flattait de l'exécuter dans ses parties essentielles; il rentrerait ensuite dans sa capitale bien-aimée, le front ceint du laurier de la victoire, sauf à compter bientôt avec son impérial allié pour le règlement de la navigation des fleuves platéens.

La résistance héroïque du Paraguay a trompé les calculs de Mitre et ceux du cabinet de San-Christoval. Cette campagne qui devait être terminée en trois mois dure depuis plus de QUATRE ANS, et Lopez retiré dans l'intérieur du pays, non point qu'il redoute les armes des Confédérés, mais afin de séparer ceux-ci de leur escadre cuirassée, tient toujours tête aux forces de ses ennemis.

Complétant cette patriotique affirmation du docteur Francia:

«Le Paraguay est idolâtre de son indépendance.»

Le président Carlos Lopez déclarait fièrement, dans sa note du 28 juillet, adressée à Rosas, que:

«Le peuple du Paraguay ne saurait être conquis; il peut être écrasé par quelque grande puissance, mais il ne sera l'esclave de personne.»

Nous savons, par les prodiges de valeur accomplis depuis le commencement de la guerre, si le caractère de ce peuple mérite d'être ainsi apprécié.

Non, Lopez et ses fidèles soldats ne seront pas vaincus par les efforts supérieurs de leurs ennemis; mais ils pourront, à la longue, être accablés sous le nombre. Dans ce cas, ils succomberont comme Léonidas et ses compagnons aux Thermopyles, couverts d'une gloire immortelle; et, avec eux, auront péri les libertés platéennes.
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