Et toi, cher ami, où en sont tes travaux? Il me semble que tes cartons doivent fièrement se remplir. Écris-moi tout cela: comment tu te portes, ce que tu fais: bien que je ne sois pas tout à fait apte à le comprendre, je crois que mon avidité à savoir tout ce qui te plaît et ce que tu aimes, m'ouvrira la comprenette jusqu'à un certain point. Au reste je m'en remets absolument à toi pour le compte rendu sous ce rapport: tant que cela ne te coûtera ni trop de temps, ni trop d'ennui, donne toujours.
Adieu, cher Hector, porte-toi bien, et aime-moi toujours, parce que c'est une bonne œuvre que tu fais, et que cela te sera rendu de bien des manières.
Sois aussi exact à me donner tes adresses successives que je le serai à te donner la mienne pendant et après mon voyage.
Je t'embrasse de tout mon cœur de fils.
CHARLES GOUNOD.
[14] Cette lettre a été adressée d'abord «à Milan, poste restante,» puis renvoyée de Milan à Gênes, et de Gênes à Nice.
IV
À MONSIEUR H. LEFUEL,
À Gênes, poste restante.
Si M. Lefuel ne vient pas réclamer ses lettres à Gênes,
lui envoyer celle-ci à l'Académie de France, à Rome.
Vienne, le 21 août 1842 (lundi).
Mon cher Hector,