VI. Traité de partage.
Zos. l. 2, c. 20.
Petr. Patric. excerp. leg. p. 27.
Vict. epit. p. 221 et 222.
Eutrop. l. 10.
Toinard, in Lact. p. 417.
Godef. in Chron. p. 9.
Till. art. 37.
Dès le jour même le comte Mestrianus vint trouver Constantin pour lui faire des propositions de paix. Ce prince refusa pendant plusieurs jours de l'écouter. Enfin, réfléchissant sur l'incertitude des événements de la guerre, et ayant même depuis peu perdu une partie de ses équipages, qui lui avaient été enlevés dans une embuscade, il donna audience à Mestrianus. Ce ministre lui représenta, «Qu'une victoire remportée sur des compatriotes était un malheur plutôt qu'une victoire: que dans une guerre civile le vainqueur partageait les désastres du vaincu; et que celui qui refusait la paix devenait l'auteur de tous les maux de la guerre». Constantin justement irrité contre Licinius, et naturellement prompt et impatient dans sa colère, reçut fièrement cette remontrance, qui semblait le rendre responsable des suites funestes qu'avait entraînées la perfidie de Licinius; et montrant son courroux par l'air de son visage et par le ton de sa voix: Allez dire à votre maître que je ne suis pas venu des bords de l'Océan jusqu'ici, les armes à la main et toujours victorieux, pour partager la puissance des Césars avec un vil esclave, moi qui n'ai pu souffrir les trahisons de mon beau-frère et qui ai renoncé à son alliance. Il déclara ensuite à Mestrianus qu'avant que de parler de paix, il fallait ôter à Valens le titre de César. On y consentit. Selon quelques auteurs, Valens fut seulement réduit à la condition privée; selon d'autres, Constantin demanda sa mort; Victor dit que ce fut Licinius qui le fit mourir. Cet obstacle étant levé, la paix fut conclue à condition d'un nouveau partage. Constantin ajouta à ce qu'il possédait déja, la Grèce, la Macédoine, la Pannonie, la Dardanie, la Dacie, la première Mésie, et toute l'Illyrie. Il laissa à Licinius la Thrace, la seconde Mésie, la petite Scythie, toute l'Asie et l'Orient. Ce traité fut confirmé par le serment des deux princes. Constantin passa le reste de cette année et la suivante dans ses nouveaux états, c'est-à-dire dans les provinces de Grèce et d'Illyrie.
VII. Loi en faveur des officiers du palais.