Ibid. tit. 9.

La controverse rapportée dans les actes de saint Silvestre, aussi-bien que par Zonaras et Cédrénus, dans laquelle ce saint pape confondit les docteurs de la synagogue, porte tous les caractères d'une fable. Mais un fait attesté par saint Jean Chrysostôme, c'est que les Juifs jaloux de la prospérité du christianisme, se révoltèrent sous Constantin. Ils entreprirent de rebâtir leur temple, et violèrent les anciennes lois qui leur interdisaient l'entrée de Jérusalem. Cette révolte ne coûta au prince que la peine de la punir. Il fit couper les oreilles aux plus coupables, et les traîna en cet état à sa suite, voulant intimider par cet exemple de sévérité cette nation que la vengeance divine avait depuis long-temps dispersée par tout l'empire. On ne sait pas le temps précis de cet événement. Ce qui nous engage avec quelques modernes à le mettre en cette année, c'est que la première loi de Constantin contre les Juifs est datée de son quatrième consulat. Ils poussaient la fureur jusqu'à maltraiter et même lapider ceux d'entre eux qui passaient au christianisme: l'empereur condamne au feu ceux qui se rendront désormais coupables, et même complices de ces excès; et si quelqu'un ose embrasser leur secte impie, il menace de punir sévèrement et le prosélyte et ceux qui l'auront admis. Il s'adoucit cependant quelques années après; et comme depuis Alexandre Sévère, tous les Juifs avaient été exempts des charges personnelles et civiles, il continua ce privilége à deux ou trois par synagogue; il l'étendit ensuite à tous les ministres de la loi. La rage de ce peuple l'obligea encore, un an avant sa mort, à renouveler sa première loi; et de plus il déclara libre tout esclave chrétien ou même de quelque religion qu'il fût, qu'un Juif maître de cet esclave aurait fait circoncire. Son fils Constance alla plus loin: il ordonna la confiscation de tout esclave d'une autre nation ou d'une autre secte qui serait acheté par un juif, la peine capitale si le juif avait fait circoncire l'esclave, et la confiscation de tous les biens du juif, si l'esclave acheté était chrétien.

X. Lois en l'honneur de la croix.

Soz. l. 1, c. 8.

Aurel. Vict. de Cæs. p. 176.

Cod. Th. lib. 9, tit. 40. et ibi Godef.

Lact. Instit. l. 4, c. 26, 27.

Les honneurs que Constantin rendit à la croix de Jésus-Christ ne durent pas causer moins de dépit aux juifs que de joie aux chrétiens. Elle était déja sur les étendards; il ordonna qu'elle fût gravée sur ses monnaies et peinte dans tous les tableaux qui porteraient l'image du prince. Il abolit le supplice de la croix et l'usage de rompre les jambes aux criminels. C'était la coutume de marquer au front ceux qui étaient condamnés à combattre dans l'arène ou à travailler aux mines; il le défendit par une loi, et permit seulement de les marquer aux mains et aux jambes, afin de ne pas déshonorer la face de l'homme, qui porte l'empreinte de la majesté divine. On croit que ces pieuses idées lui furent inspirées par Lactance, qui était alors avec Crispus dans les Gaules en qualité de précepteur, et qui dans ses livres des Institutions divines, qu'il composa dans ce temps-là, fait un magnifique éloge de la croix et de la vertu qu'elle imprime sur le front des chrétiens.

An 316.

XI. Constantin en Gaule.