Zos. l. 2, c. 28.
Eutrop. l. 10.
Hier. Chron.
Anony. Vales.
Zonar. l. 13, t. 2, p. 3.
Socr. l. 1, c. 6.
Cedrenus, t. I, p. 284.
Theoph. p. 16.
[Anony. Vales.]
Il y fut mis à mort peu de temps après; et la cause de ce traitement, si important pour fixer le caractère de Constantin, est en même temps la circonstance la plus équivoque de sa vie. Dans le passage des auteurs à ce sujet, la postérité ne peut asseoir de jugement assuré. Les uns racontent la mort de Licinius comme la punition d'un nouveau crime; les autres en font un crime à Constantin. Ceux-ci disent que l'empereur, contre la foi du serment, fit étrangler ce prince infortuné. Quelques-uns pour adoucir l'odieux d'une si noire perfidie, ajoutent qu'on avait lieu de craindre que Licinius à l'exemple de Maximien ne voulût reprendre la pourpre; et que Constantin se vit forcé par les soldats mutinés à lui ôter la vie. D'autres disent que l'empereur, pour ne pas irriter ses troupes mécontentes de ce qu'il épargnait un prince si souvent infidèle, s'en rapporta au sénat sur le sort qu'il méritait, et que le sénat en laissa la décision aux soldats qui le massacrèrent. Mais ni ces craintes, ni cette mutinerie des soldats, ni l'avis d'un sénat, qu'on ne consulte jamais après une parole donnée que quand on n'a pas dessein de la tenir, n'excuseraient la violation d'un serment fait librement et sans contrainte, si Licinius n'eût mérité la mort par un nouveau forfait. Aussi les historiens favorables à Constantin rapportent que le prince dépouillé fut convaincu de former des intrigues secrètes pour rappeler les Barbares et pour recommencer la guerre. Selon Eusèbe, ses ministres et ses conseillers furent punis de mort; et la plupart de ses officiers reconnaissant l'illusion de leur fausse religion embrassèrent la véritable. Martinianus perdit sa nouvelle dignité avec la vie, soit que Constantin l'ait abandonné à ses soldats qui le tuèrent lorsque Licinius se rendit; soit qu'il ait péri avec celui qui ne lui avait fait part que de ses désastres. Un auteur dit, sans en marquer aucune circonstance, qu'il fut tué quelque temps après en Cappadoce. On laissa vivre le fils de Licinius privé du titre de César. Les statues et les autres monuments du père furent renversés; et il ne resta d'un prince, dont les commencements avaient été heureux, qu'un odieux et funeste souvenir de ses impiétés et de ses malheurs. Il avait tenu l'empire environ seize ans.