Vict. epit. p. 224.
Cedren. t. 1, p. 295.
Ducange, de numm. inf. ævi, c. 17.
La Bléterie, note sur les Césars de Julien, p. 212 et 213.
Quoique toute cette vanité eût commencé avant Constantin, et qu'elle se soit augmentée après lui, il mérite qu'on lui en attribue une partie. Fondateur de Constantinople, il en pouvait être le législateur: c'était l'occasion la plus favorable de réformer les mœurs, et de les ramener à l'ancienne sévérité. Au lieu d'orner ses sénateurs et ses magistrats de tant de pompe extérieure, il eût pu les décorer de vertus en resserrant les nœuds de la discipline. Sa ville n'eût rien perdu de son éclat; elle aurait gagné du côté de la solide et véritable grandeur: Rome et tout l'empire auraient profité de cet exemple. Mais Constantin aimait l'appareil; et les reproches que lui fait Julien quoique envenimés par la haine, ne paraissent pourtant pas destitués de fondement. Il multiplia sur l'habit impérial les perles, dont Dioclétien avait introduit l'usage; il affectait de porter toujours le diadème, dont il fit une espèce de casque ou de couronne fermée et semée de pierreries. Il donna cours au luxe en enrichissant trop certains particuliers, dont la fortune excita une dangereuse émulation de faste et d'opulence. Cependant, quoiqu'il ne fût pas ennemi des plaisirs honnêtes, il n'en fut rien moins que l'esclave, tel que Julien le représente. Il s'occupa toute sa vie des affaires de l'état et peut-être un peu trop de celles de l'église. Il composait lui-même ses lois et ses dépêches; il donnait de fréquentes audiences, et recevait avec affabilité tous ceux qui s'adressaient à lui; et s'il porta trop loin la magnificence des fêtes et la pompe de sa cour, c'était un délassement qu'on peut pardonner à ses travaux et à ses victoires.
XV. Suite de l'histoire de Constantin.
Idat. chron. Zos. l. 2, c. 31.
An. 331.
An 332.
Après avoir rassemblé sous un seul aspect ce qui regarde la fondation de Constantinople et les principaux changements que cet établissement produisit dans l'ordre politique, nous allons reprendre la suite des faits. L'année 331, sous le consulat de Bassus et d'Ablabius, fut employée à faire des lois et à régler plusieurs affaires de l'église, dont nous parlerons ailleurs. Dès l'année suivante 332, Pacatianus et Hilarianus étant consuls, l'empereur reprit les armes, d'abord pour défendre les Sarmates, et ensuite pour les punir. Zosime avance que depuis que Constantinople fut bâtie, le bonheur de Constantin l'abandonna, et qu'il ne fit plus la guerre que pour y recevoir des affronts. Il raconte qu'un parti de cinq cents cavaliers Taïfales s'étant jeté sur les terres de l'empire, Constantin n'osa en venir aux mains avec eux; mais qu'ayant perdu la plus grande partie de son armée (il ne dit pas comment), effrayé des ravages de ces Barbares, qui venaient l'insulter jusqu'aux portes de son camp, il se crut trop heureux de se sauver par la fuite. Ce récit ne s'accorde ni avec le caractère de Constantin, ni avec tous les autres témoignages de l'histoire, qui nous montre ce prince toujours victorieux.