Auson. Prof. 16.

God. ad Cod. Th. tome 6, p. 357.

Vales. ad Amm. l. 14, c. 1.

Till. art. 71 et 85.

Idem. n. 61.

[Liban. t. 2, or. 3, p. 108, 109 et 110; or. 7, p. 217; or. 10, p. 262.]

Jusqu'à cette entière tranquillité de l'empire, Constantin avait écarté ses frères des affaires publiques. Peut-être était-ce l'effet d'une défiance politique. Il est étonnant que des princes, qui avaient sur Constantin l'avantage d'être nés dans la pourpre, aient été assez dociles pour ne jamais se départir de l'obéissance pendant le cours d'un long règne. C'était le premier exemple de fils d'empereurs, qui fussent restés dans l'état de particuliers. Le testament de leur père qui les avait exclus du gouvernement, loin d'étouffer leur ambition, n'eût fait qu'aigrir leur jalousie, si la douceur de leur naturel, et les précautions que prit apparemment Constantin ne les eussent tenus dans la dépendance. Comme ils étaient demeurés orphelins fort jeunes, il fut le maître de leur éducation; et l'on ne peut douter qu'il ne les ait élevés dans la subordination qu'il désirait de leur part. Ils vécurent long-temps éloignés de la cour, tantôt à Toulouse, où ils honorèrent de leur amitié le rhéteur [Æmilius Magnus] Arborius, tantôt à Corinthe. Selon Julien, Hélène leur belle-mère ne les aimait pas; elle les tint, tant qu'elle vécut, dans une espèce d'exil. Enfin Constantin les rapprocha de sa personne, et l'an 333 il nomma Delmatius consul avec Xénophile. Peu de temps après, il le créa censeur. L'autorité de cette ancienne magistrature avait été, comme celle de toutes les autres, absorbée par la puissance impériale: le titre même en était depuis long-temps aboli. L'empereur Décius l'avait fait revivre en faveur de Valérien, qui n'avait pas eu de successeur dans la censure; elle s'éteignit pour toujours dans la personne de Delmatius. Il eut deux fils, dont l'aîné, de même nom que lui, jette de l'équivoque dans son histoire. On le confond avec son père, et un grand nombre d'auteurs attribuent au fils le consulat de cette année.

XIX. Peste et famine en Orient.

Hier. chron. Theoph. p. 23.

L'empereur la passa à Constantinople jusqu'au mois de novembre: il fit alors en Mésie un voyage dont on ignore le sujet. Le repos que lui procurait la paix fut troublé par des fléaux plus terribles que la guerre. Salamine, dans l'île de Cypre, fut renversée par un tremblement de terre, et quantité d'habitants périrent dans ses ruines. La peste et la famine désolèrent l'Orient, surtout la Cilicie et la Syrie. Les paysans du voisinage d'Antioche, s'étant attroupés en grand nombre, venaient comme des bêtes féroces pendant la nuit se jeter dans la ville, et entrant de force dans les maisons, pillaient tout ce qui était propre à la nourriture: bientôt enhardis par le désespoir ils accouraient en plein jour, forçaient les greniers et les magasins. L'île de Cypre était en proie aux mêmes violences. Constantin envoya du blé aux églises pour le distribuer aux veuves, aux orphelins, aux étrangers, aux pauvres et aux ecclésiastiques. L'église d'Antioche en reçut trente-six mille boisseaux.