Constantin avait déja donné le consulat à Delmatius, l'aîné de ses frères. Le second nommé Julius Constance fut consul en 335 avec [C. Ceionius] Rufius Albinus. Il avait épousé en premières noces Galla sœur de Rufinus et de Céréalis consuls en 347 et 358. Il en avait eu Gallus qui naquit en Toscane l'an 325 ou 326, un autre fils que l'histoire ne nomme pas, et qui fut tué après la mort de Constantin, et une fille qui fut mariée à Constance, et dont on ignore aussi le nom. Sa seconde femme fut Basilina, fille de Julien, consul en 322, et sœur d'un autre Julien qui fut comte d'Orient. Elle mourut jeune et laissa un fils nommé Julien comme son aïeul maternel; c'est le fameux Julien surnommé l'Apostat, qui naquit vers la fin de l'an 331 à Constantinople, où son père et sa mère avaient été mariés. Rufius Albinus collégue de Julius Constance est, à ce qu'on croit, le fils de Rufius Volusianus, consul pour la seconde fois en 314. Une inscription le nomme philosophe. Il fut préfet de Rome l'année suivante.

XXIX. Tricennales de Constantin.

Idat. chron.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 286.

Euseb. orat. in tricen.

Vales. notæ ib. c. 11.

Euseb. vit. Const. l. 4, c. 48.

L'empereur resta pendant toute celle-ci à Constantinople, si on en excepte un voyage qu'il fit dans la haute Mésie, peu de jours après avoir célébré par des jeux le commencement de la trentième année de son empire, dans laquelle il entrait le 25 juillet. Une circonstance augmenta la joie et l'éclat de cette fête qu'on appelait les tricennales; c'est qu'aucun empereur depuis Auguste n'avait régné si long-temps. Nous avons un éloge de Constantin prononcé à l'occasion de cette solennité par Eusèbe de Césarée, dans le palais en présence de l'empereur: c'est plutôt un livre qu'un discours. Pour l'honneur de Constantin, un si long et si froid panégyrique aurait bien dû l'ennuyer: ce qui n'arriva pas, si l'on en croit Eusèbe qui se félicite du succès. On loue cependant Constantin d'avoir été en garde contre la flatterie; et l'histoire le compte entre le petit nombre de souverains qui n'en ont pas été dupes. Un jour un ecclésiastique s'étant oublié jusqu'à lui dire en face, qu'il était bienheureux; puisque après avoir mérité de régner sur les hommes en cette vie, il régnerait dans l'autre avec le fils de Dieu, il rebuta brusquement l'encens de ce prêtre: Gardez-vous, lui dit-il, de me tenir jamais un pareil langage; je n'ai besoin que de vos prières; employez-les à demander pour moi la grace d'être un digne serviteur de Dieu en ce monde et dans l'autre.

XXX. Delmatius César.

Idat. chron.