Notæ in Pagium, apud Baron. ann. 312.
Banduri, Num. imp. Rom. t. 2, pag. 164.
[Eckhel, Doct. num. vet. t. VIII, p. 54.]
Cette même année ou au commencement de la suivante, avant que de sortir de Rome, il fit, de concert avec Licinius, un édit très-favorable aux chrétiens, mais qui limitait pourtant à certaines conditions la liberté du culte public. C'est ce qui paraît par les termes d'un second édit, qui fut fait à Milan au mois de mars suivant, et dont l'original se lit dans Lactance: l'antiquité ne nous a pas conservé le premier. Constantin l'envoya à Maximin: il l'instruisit en même temps des merveilles que Dieu avait opérées en sa faveur, et de la défaite de Maxence. Maximin, comme je l'ai dit, avait déja appris cette nouvelle avec une espèce de rage. Mais après quelques emportements, il avait renfermé son dépit, ne se croyant pas encore en état de le faire éclater par une guerre ouverte. Il porta même la dissimulation jusqu'à célébrer sur ses monnaies la victoire de Constantin. Il reçut donc la lettre et l'édit; mais il se trouva embarrassé sur la conduite qu'il devait tenir. D'un côté il ne voulait pas paraître céder à ses collègues; de l'autre il craignait de les irriter. Il prit le parti d'adresser comme de son propre mouvement une lettre à Sabinus, son préfet du prétoire, avec ordre de dresser un édit en conformité; et de le faire publier dans ses états. Dans cette lettre il fait d'abord l'éloge de Dioclétien et de Maximien, qui n'avaient, dit-il, sévi contre les chrétiens, que pour les ramener à la religion de leurs pères; il prend ensuite avantage de l'édit de tolérance qu'il avait donné après la mort de Galérius, et ne parle de la révocation de cet édit que d'une manière ambiguë et enveloppée; il déclare enfin qu'il veut qu'on ne mette en usage que les moyens de douceur pour rappeler les chrétiens au culte des dieux, qu'on laisse liberté de conscience à ceux qui persisteront dans leur religion; et il défend à qui que ce soit de les maltraiter. Cette ordonnance de Maximin ne donna pas aux chrétiens la confiance de se montrer au grand jour: ils sentaient qu'elle lui était arrachée par la crainte; et déja une fois trompés, ils ne comptaient plus sur ces apparences de douceur. D'ailleurs on remarquait une différence sensible entre l'édit de Constantin et celui de Maximin: le premier permettait expressément aux chrétiens de s'assembler, de bâtir des églises et de célébrer publiquement toutes les cérémonies de leur religion; Maximin, sans dire un mot de cette permission, se contentait de défendre qu'on leur fît aucun mal. Ainsi ils demeurèrent cachés, et attendirent leur liberté du souverain maître des empereurs et des empires.
An 313.
XXXII. Consulats de cette année.
Idat. chron.
Euseb. hist. eccl. l. 9, c. 11.
Cod. Th. l. 13, tit. 10, leg. 1, et ibi Cod.
Maximin depuis la mort de Galérius n'avait reconnu d'autres consuls que lui-même, et son grand-trésorier Peucétius. Il le choisit encore pour collègue au commencement de l'année 313. Constantin se déclara consul avec Licinius: ils l'étaient tous deux pour la troisième fois. Soit qu'il fût à Rome le 18 de janvier, soit qu'il en fût parti quelque temps auparavant, il fit une loi très-équitable, donnée ou affichée à Rome ce jour-là: elle remédiait aux injustices des greffiers des tailles, qui déchargeaient les riches aux dépens des pauvres.