LIVRE X.
I. Consuls. [II. État de l'Arménie. III. Arsace rétablit l'organisation intérieure de son royaume. IV. Origine de la famille des Mamigoniens. V. Son histoire. VI. Nersès déclaré patriarche de l'Arménie. VII. Il est sacré à Césarée. VIII. Alliance d'Arsace et de Sapor. IX. Nersès envoyé à C. P. est exilé par Constance. X. Guerre d'Arsace contre les Romains. XI. Tyrannie d'Arsace. XII. Intrigues à la cour d'Arsace. XIII. Mort de Gnel. XIV. Arsace épouse sa veuve Pharandsem. XV. Arsace marche au secours du roi de Perse. XVI. Brouillerie entre les deux rois. XVII. Arsace fait assassiner Vartan, envoyé de Sapor. XVIII. Les princes arméniens se révoltent contre Arsace. XIX. Apostasie de Méroujan, prince des Ardzrouniens. XX. Arsace rétabli sur son trône. XXI. Alliance d'Arsace avec Constance. XXII. Massacre de la famille de Camsar. XXIII. Arsace épouse Olympias.] XXIV. Ambassade de Sapor à Constance. XXV. Réponse de Constance à Sapor. XXVI. Expédition contre les Sarmates et les Quades. XXVII. On leur accorde la paix. XXVIII. D'autres Barbares viennent la demander. XXIX. Constance marche contre les Limigantes. XXX. Ils sont taillés en pièces. XXXI. Le reste des Limigantes transportés hors de leur pays. XXXII. Affaires de l'église. XXXIII. Libérius renvoyé à Rome. XXXIV. Nicomédie renversée. XXXV. Projets de conciles. XXXVI. Troisième campagne de Julien. XXXVII. Les Saliens se soumettent. XXXVIII. Hardiesse de Charietton. XXXIX. Les Chamaves réduits. XL. Famine dans l'armée de Julien. XLI. Suomaire dompté. XLII. Hortaire réduit à demander la paix. XLIII. Retour des captifs. XLIV. Malice des courtisans. XLV. Mort de Barbation. XLVI. Séditions à Rome. XLVII. Anatolius préfet d'Illyrie. XLVIII. Limigantes détruits. XLIX. Premier préfet de Constantinople. L. Prétendue conjuration. LI. Courses des Isauriens. LII. Sapor se prépare à la guerre. LIII. Ursicin rappelé. LIV. Renvoyé en Mésopotamie. LV. Arrivée des Perses. LVI. Précautions des Romains. LVII. Les Perses en Mésopotamie. LVIII. Les Romains surpris se réfugient dans Amid. LIX. Etat de la ville d'Amid. LX. Clémence de Sapor. LXI. Sapor arrive devant Amid. LXII. Première attaque. LXIII. Lâcheté de Sabinianus. LXIV. Nouvelle attaque. LXV. Bravoure des soldats Gaulois. LXVI. Vigoureuse résistance. LXVII. Prise d'Amid. LXVIII. Suites de cette prise. LXIX. Affaires de l'église. LXX. Gouvernement équitable de Julien. LXXI. Quatrième campagne de Julien. LXXII. Julien passe le Rhin. LXXIII. Allemans subjugués.
An 358.
I. Consuls.
Idat. chron.
Not. ad Baron. an 358.
Cod. Th. l. 11, tit. 1, leg. 1.
Till. art. 47 et 48.
Tibérius Fabius Datianus, et Marcus Nératius Céréalis, consuls créés pour l'année 358, étaient recommandables par leur mérite. Céréalis l'était encore par sa naissance. Il était oncle maternel de Gallus, et de la première femme de Constance: il avait été préfet de la ville de Rome. Datianus né dans l'obscurité avait la noblesse que donne la vertu. Il parvint à la dignité de comte, et s'éleva jusqu'à celle de patrice. Son désintéressement et son zèle pour le bien public méritent une place dans l'histoire à plus juste titre encore que les exploits guerriers, parce qu'il est souvent plus utile et toujours plus rare de sacrifier à l'état ses intérêts, que de lui sacrifier sa vie. Constance, pour diminuer le poids des contributions, restreignait, autant qu'il pouvait, le nombre des privilégiés. Datianus avait acquis de grands biens dans le territoire d'Antioche; il jouissait de l'exemption. Il sollicita la révocation de ce privilége avec autant d'empressement que d'autres en auraient montré pour l'obtenir. C'est le glorieux témoignage que Constance lui rend dans une loi mal à propos attribuée à Constantin[132], par laquelle il déclare qu'à l'avenir on ne tiendra pour exempts que les biens du prince, ceux des églises catholiques, ceux de la famille d'Eusèbe[133] (c'était apparemment le père de l'impératrice) et les domaines qu'Arsace roi d'Arménie possédait dans l'empire.
[132] Cette loi adressée à Proclianus est datée du quatrième consulat de Constantin et de Licinius, c'est-à-dire, de l'an 315. Cette date est reconnue pour fausse depuis long-temps. Elle n'est pas en rapport avec le contenu de la loi. Voyez Tillemont, Histoire des Empereurs, t. 4. Constantin, art. 39.—S.-M.