[136] Cette dignité répondait à celle de Marzban chez les Perses. Voyez la note ajoutée ci-devant liv. VI, § 14, t. 1, p. 408, note 2.—S.-M.

[137] Cette famille descendait, selon Moïse de Khoren (l. 1, c. 22, et l. 2, c. 7), des enfants de Sennacherib, roi d'Assyrie, qui selon le livre des Rois (II, c. 19, 37), se réfugièrent en Arménie après le meurtre de leur père. Le chef de cette famille fut créé grand échanson, vers l'an 150 avant J.-C., par le roi Vagharschag ou Valarsace, fondateur de la dynastie arsacide en Arménie. C'est de cette fonction que vient le nom de Kenouni, dont le sens est en arménien qui a le vin.—S.-M.

[138] Ou selon l'origine de ce mot, général de la cavalerie, magister equitum. Voyez, sur l'étymologie de ce mot, mes Mémoires hist. et géograph. sur l'Arménie, t. 1, p. 298, 299 et 300.—S.-M.

IV. [Origine de la famille des Mamigoniens.]

[Mos. Chor. Hist. Arm. l. 2, c. 78.]

—[A l'époque dont il s'agit la race des Mamigoniens, possédait la souveraineté de la province de Daron. Ce canton était compris dans le Douroupéran[139], l'une des quinze grandes divisions qui partageaient l'Arménie. C'était une vaste et fertile plaine située au centre du royaume, non loin des sources du Tigre, au revers septentrional des montagnes qui donnent naissance à ce fleuve. Des rivières et de nombreux ruisseaux la parcourent dans tous les sens; leurs eaux servent à grossir le principal bras de l'Euphrate, celui que les anciens connurent plus particulièrement sous le nom d'Arsanias, qui se reproduit en arménien sous la forme Aradzani[140]. Ce pays contenait plusieurs villes considérables, parmi lesquelles on distinguait celle de Mousch, qui existe encore. On y trouvait aussi le célèbre monastère consacré à la mémoire de saint Jean-Baptiste; il avait été élevé par saint Grégoire l'illuminateur, sur les ruines des temples dédiés aux anciens dieux de l'Arménie, dans l'antique cité d'Aschdischad, c'est-à-dire la ville des sacrifices. C'est là que saint Grégoire avait prêché l'évangile aux Arméniens encore idolâtres, et qu'il avait placé une nombreuse colonie de moines grecs et syriens, destinés à terminer son ouvrage. Ce lieu sous le nom de Sourp-Garabied, ou le saint précurseur, est encore révéré de tous les Arméniens qui y vont en pélerinage[141]. Les Mamigoniens joignaient à la souveraineté de ce canton, la possession de quelques vallées et de plusieurs forts dans la province de Daik[142], située au milieu des monts Paryadres, nommés Barkhar par les Arméniens. Ces domaines éloignés restèrent long-temps au pouvoir de cette famille, qui les avait encore plusieurs siècles après.

[139] Pour avoir plus de détails sur ces deux pays, il faut voir les Mémoires histor. et géograph. sur l'Arménie, t. 1, p. 98-102.—S.-M.

[140] Voyez, sur ce nom, ce que j'ai dit dans le Journal des Savants, année 1820, p. 109.—S.-M.

[141] Voyez les Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, t. 1, p. 101.—S.-M.

[142] Cette province située dans la partie nord-ouest de l'Arménie, dans les montagnes qui séparent le territoire de Trébizonde, de celui d'Arzroum, répond au pays des peuples appelés Taochi, par les anciens. Les Géorgiens la nomment encore Tahoskari, c'est-à-dire la porte de Taho ou des Dahæ. Voyez les Mémoires hist. et géogr. sur l'Arménie, t. 1, p. 74-78.—S.-M.