Soz. l. 5, c. 1.

Philost. l. 6, c. 5.

Zon. l. 13, t. 2, p. 22.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 294.

Theoph. p. 39.

Cedren. t. 1, p. 303.

Cellar. geog. l. 3, c. 8, art. 122.

Till. Constance, not. 52.

Quelque assurance que témoignât Constance, il n'était pas sans alarmes: un pressentiment secret semblait l'avertir que sa fin était prochaine. Il confia, dit-on, à ses amis les plus intimes, qu'il ne voyait plus auprès de lui, je ne sais quel fantôme, qui avait coutume de l'accompagner. C'était, selon Ammien Marcellin, son génie tutélaire, qui avait pris congé de lui, ou plutôt, c'était la chimère d'un esprit naturellement faible, et troublé alors par de sombres inquiétudes. A peine était-il rentré dans Antioche, qu'ayant fait à la hâte les préparatifs de son expédition, il se pressa d'en sortir. L'automne était fort avancé[350]; les officiers n'obéissaient qu'en murmurant. Il donna ordre à Arbétion de prendre les devants avec les troupes légères[351]. A trois milles d'Antioche, près d'un bourg nommé Hippocéphale, il trouva sur son chemin au point du jour le cadavre d'un homme qu'on avait égorgé la nuit précédente. Ce présage l'effraya. Etant arrivé à Tarse, il sentit les premiers accès d'une fièvre légère qu'il crut pouvoir dissiper par le mouvement du voyage, et il gagna par des chemins montueux et difficiles une bourgade nommée Mopsucrènes, au pied du mont Taurus, sur les confins de la Cilicie et de la Cappadoce. Le lendemain, il se trouva trop faible pour continuer sa marche. La fièvre devint si ardente, que tout son corps en était embrasé. Destitué de secours et de remèdes, il s'abandonna aux larmes et au désespoir. Ammien Marcellin prétend qu'ayant encore toute sa raison, il désigna Julien pour son successeur. Quelques auteurs chrétiens rapportent que, dans ses derniers moments, tremblant à la vue du jugement de Dieu, il se repentit de trois choses: d'avoir versé le sang de ses proches, d'avoir donné à Julien la qualité de César, et de s'être livré à l'hérésie. Ces faits sont fort incertains; on sait que la renommée se plaît à charger la mort des princes de circonstances extraordinaires. Saint Athanase dit qu'il mourut dans l'impénitence, et que se voyant près de sa fin il se fit baptiser par Euzoïus, fameux Arien, alors évêque d'Antioche. Selon d'autres auteurs, il reçut le baptême à Antioche avant son départ. Après avoir rendu par la bouche une grande quantité de bile noire, il tomba dans une longue et douloureuse agonie, dans laquelle il expira le 3 de novembre[352], ayant vécu quarante-quatre ans, deux mois et vingt-deux jours, et régné depuis la mort de son père, vingt-quatre ans, cinq mois et douze jours. Il laissait enceinte sa femme Faustine: elle accoucha d'une fille qui fut nommée Constantia, et mariée à l'empereur Gratien.

[350] Autumno jam senescente, dit Ammien Marcellin, l. 21, c. 15.—S.-M.