Zos. l. 3, c. 11.

Ducange, in Const. Christ. l. 1, c. 19, et l. 2, c. 1 et 3.

Banduri, imp. or. t. 2, p. 593, 677, 678.

Spon, voyag. t. 1, p. 137.

La Bleterie, notes sur les lettres de Julien, p. 247.

Le séjour de l'empereur procura plusieurs embellissements à Constantinople, qu'il aimait, disait-il, comme sa mère[377]. Il fit faire ou plutôt élargir un port sur la Propontide, afin de mettre les vaisseaux à l'abri du vent du midi. Ce port s'appelait auparavant le port d'Hormisdas, à cause du palais de ce prince[378], qui en était voisin; il prit alors le nom de Julien. Justin le jeune lui donna celui de sa femme Sophie. On l'appela dans les siècles suivants le Port neuf, le Port du palais, le Bucoléon. Il est comblé aujourd'hui. En face de ce port, Julien éleva un portique semi-circulaire, qu'on appela le Sigma, et qui communiqua ce nom à un quartier voisin. Il avait amassé un grand nombre de livres: il les plaça dans une bibliothèque qu'il fit construire sous un portique de l'Augustéon. Les libraires vinrent établir leurs boutiques à l'entour; et comme la salle du Sénat était près de là, les plaideurs, les avocats, les praticiens se rassemblaient dans ce lieu, pour y traiter de leurs affaires. Les Alexandrins avaient dans leur ville un obélisque couché sur le rivage: on allait y dormir pour se procurer des songes prophétiques, et la débauche se mêlait à la superstition. Julien, pour sauver au paganisme un ridicule et un sujet de reproche, exécuta le dessein qu'avait formé Constance, de transporter cet obélisque à Constantinople. Il n'eut pas le temps de le mettre en place, s'il est vrai, comme on a lieu de le croire, que ce soit le même que Théodose fit dresser au milieu du grand Cirque[379]. Spon l'y vit encore en 1675. Il est de granit, d'une seule pièce, haut d'environ cinquante pieds: chaque face a six pieds de largeur vers la base. Julien pour dédommager les Alexandrins leur permit de dresser dans leur ville une statue colossale qui venait d'être achevée. C'était, selon l'apparence, la statue de Julien même.

[377] Natus illic, dit Ammien Marcellin (l. 22, c. 9.), diligebat eam ut genitatem patriam, et colebat.—S.-M.

[378] Frère du roi de Perse qui s'était retiré dans l'empire romain. Voyez ci-devant, liv. IV, § 1, 2 et 3; t. 1, p. 223 et suiv.—S.-M.

[379] Pour avoir de plus amples détails sur cet obélisque et sur son érection, voyez les notes qui seront ajoutées ci-après l. XXIV, § 42.—S.-M.

XIV. Requête de plusieurs Égyptiens rejetée.