Liban. or. 10, t. 2. p. 290.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 79.

Chrysost. de Sto. Babyla, contra Julianum et gentiles, t. 2, p. 575.

Tant de fanatiques sombres et austères, que l'éclat de la religion chrétienne avait obligés à se tenir long-temps cachés dans l'ombre des écoles, sortant enfin au grand jour, remplis de venin et de rage, se préparaient à se venger du silence auquel ils avaient été condamnés: ils ne méditaient que proscriptions et que supplices. Les chrétiens, de leur côté, craignaient des traitements plus rigoureux que n'en avaient éprouvé leurs pères. En effet Julien les haïssait mortellement; il avait beaucoup plus à cœur de les détruire que de vaincre les Perses; il regardait cet ouvrage comme le chef-d'œuvre de son règne. Mais plus habile que ces malheureux sophistes qui ne lui donnaient que des conseils inhumains, il préféra la séduction à la cruauté déclarée: Il pensait, dit Libanius, que ce n'est ni le fer ni le feu qui changent la croyance des hommes; que le cœur désavoue la main que la crainte force à sacrifier; et que les supplices ne produisent que des hypocrites, toujours infidèles pendant leur vie, ou des martyrs honorés après leur mort. Il faisait encore réflexion que dans l'état de force et de vigueur où se trouvait alors la religion chrétienne, c'était risquer d'ébranler tout l'empire, que d'entreprendre de la déraciner par une violence ouverte. Il dressa donc un plan tout nouveau, qui eût sans doute été plus heureux que la barbarie de Dioclétien et de Galérius, si la garde qui veille sur Israël n'eût renversé ce projet infernal, en détruisant l'auteur même par un souffle de sa bouche. Julien commença par montrer dans sa personne un zèle ardent pour le culte des dieux; il gagnait dès ce premier pas tous ceux dont la religion se conforme toujours à celle du prince. Il s'attacha à relever et à purifier le paganisme, en s'efforçant d'y transporter ce qui rendait le christianisme plus vénérable. Il affecta ensuite de traiter les chrétiens avec douceur, et de les plaindre plutôt que de les persécuter; mais en même temps il imagina mille moyens pour les diviser et les armer les uns contre les autres, pour étouffer le germe de leur foi en leur interdisant l'instruction publique, pour appesantir leur joug et pour les couvrir de ridicules et de mépris. Les tyrans qui l'avaient précédé n'avaient sévi que sur les corps; Julien attaqua les cœurs: il mit en œuvre son propre exemple, les apparences de bonté, la malice, l'ignorance, l'intérêt, l'amour-propre, ressorts plus lents mais plus efficaces que les édits et les supplices. Cependant s'il ne versait pas de ses propres mains le sang des chrétiens, il le laissait répandre par les mains des autres; et sa feinte douceur était souvent démentie par les cruautés qu'il encourageait en ne les punissant pas. Après avoir affaibli la religion chrétienne, son dessein était de l'écraser par un dernier coup: il promettait à ses dieux d'exterminer les chrétiens à son retour de la guerre des Perses. Sans entrer dans le détail de ce qui appartient proprement à l'histoire de l'église, nous allons suivre la trace d'une persécution cachée sous tant d'artifices. La comparaison de ce que firent Constantin et Julien pour établir les deux cultes opposés, peut faire connaître combien l'esprit de la véritable religion est éloigné et de la basse malignité et de la fureur sanguinaire de l'idolâtrie.

XVIII. Il travaille à rétablir le paganisme.

Jul. epist. 63, p. 452.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 70, et or. 4, p. 121.

Liban, or. 8, t. 2, p. 245, et or. 10, p. 292, et de vita, p. 41.

Eunap. in Max. t. 1, p. 52, ed. Boiss.

Mamert. pan. c. 23.