God. ad Cod. Theod. t. 2, p. 303.

La Bleterie, lettres de Julien, p. 360 et suiv.

La liberté de religion que Julien laissait en apparence aux chrétiens, n'était en effet qu'un dur esclavage. Toute la clémence de ce prince se bornait à ne les pas condamner à mort par un édit général. Il prenait d'ailleurs les voies les plus sûres pour les accabler. Toutes les faveurs étaient prodiguées aux païens: les chrétiens n'éprouvaient que vexations, que mépris, que disgraces. Il dépouilla les ecclésiastiques de leurs priviléges: il les priva ainsi que les veuves et les vierges des distributions fondées par Constantin: il entreprit même de les forcer à rendre au trésor ce qu'ils avaient reçu depuis cette fondation, et ces poursuites ne furent arrêtées que par sa mort. Il exigeait des chrétiens des sommes considérables pour la réparation des temples: il y faisait transporter les vases sacrés et les ornements des églises; ce n'était à son avis que restituer aux dieux des biens qui leur appartenaient. Ces recherches donnaient lieu à une infinité de violences: on emprisonnait les clercs; on les appliquait à la torture. Pour multiplier les apostasies, il facilita les divorces dont Constantin avait restreint la licence, et il déclara que la diversité de culte serait une cause légitime de séparation. Il n'admettait les chrétiens dans aucune magistrature, sous prétexte que leur loi leur défend de faire usage du glaive. Il les privait de tous les droits qu'on osait leur disputer; il ne leur permettait pas même de se défendre devant les tribunaux: Votre religion, leur disait-il, vous interdit les procès et les querelles. A l'occasion des préparatifs qu'il fallait faire pour la guerre contre les Perses, il imposa une taxe sur tous ceux qui refusaient de sacrifier. Les gouverneurs des provinces trouvant une conjoncture si favorable pour s'enrichir, exigeaient beaucoup au-delà des sommes imposées; ils employaient les contraintes les plus rigoureuses; et lorsque les chrétiens portaient leurs plaintes à l'empereur: Retirez-vous, Galiléens infidèles, leur répondait-il: votre Dieu ne vous a-t-il pas appris à mépriser les biens de ce monde, et à souffrir avec patience les afflictions et les injustices? La plupart des habitants d'Édesse étaient attachés à la foi catholique[393]; mais cette ville renfermait encore deux sectes d'hérétiques, les Valentiniens et les Ariens. Ceux-ci, fiers de la puissance qu'ils avaient acquise sous le règne de Constance, attaquèrent les Valentiniens et commirent de grands désordres. Julien saisit cette occasion pour dépouiller l'église d'Édesse, qui était fort riche; et sans faire distinction des catholiques qui n'avaient aucune part à la querelle, il ordonna que les biens de cette église seraient confisqués. La lettre qu'il écrit à ce sujet au premier magistrat de la ville joint aux plus terribles menaces une froide et maligne plaisanterie: L'admirable loi des Galiléens, dit-il, leur prescrivant de se débarrasser des biens de la terre, pour arriver plus aisément au royaume des cieux, nous voulons, autant qu'il est en nous, leur faciliter le voyage. Les villes qui se signalaient en faveur de l'idolâtrie, étaient assurées de sa bienveillance: il les prévenait lui-même et les exhortait par ses lettres à lui demander des graces. Les villes chrétiennes au contraire n'obtenaient pas justice; il évitait d'y entrer; il refusait audience à leurs députés; il rejetait leurs requêtes. La ville de Nisibe demanda du secours contre les Perses, dont elle craignait les insultes: il répondit aux envoyés qu'ils obtiendraient tout de lui, quand ils auraient commencé par invoquer les Dieux.

[393] La religion chrétienne était professée dans cette ville long-temps avant d'avoir été adoptée dans l'empire romain, lorsque Édesse formait un état particulier sous la domination des rois nommés Abgares. L'histoire de cette dynastie et les relations qui ont pu exister entre Abgare et J.-C. ont été pour moi l'objet d'un travail particulier.—S.-M.

XXIX. Il tâche de surprendre les soldats.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 84-86.

Socr. l. 3, c. 13.

Theod. l. 3, c. 7, 15 et 16.

Soz. l. 3, c. 16.

L. unius. ff. de quæstionibus.