Zos. l. 3, c. 11.

Till. Pers. art. 24.

Julien ne perdait pas de vue la résolution qu'il avait prise de venger l'honneur de l'empire, en attaquant Sapor dans ses états. S'étant donc assuré des fonds nécessaires par la réforme de sa cour, par l'économie de sa dépense, et par le bon ordre qu'il sut mettre dans ses finances, il assembla ses soldats, anima leur courage, les harangua plusieurs fois, et, ce qui sans doute n'était pas moins efficace, il augmenta leur paie. Au commencement de juin[398] il partit de Constantinople, suivi des vœux de tout le peuple, après un séjour de six mois[399]; et prit la route d'Antioche. Son dessein était de passer dans cette ville le reste de l'année pour y achever ses préparatifs, et se mettre en état d'entrer en campagne dès le printemps de l'année suivante. Hormisdas et Victor furent chargés de la conduite des troupes. Ils firent observer une exacte discipline; et l'Asie, qui sous le règne de Constance ne distinguait plus ses défenseurs d'avec ses ennemis, n'eut rien à souffrir de leur passage. Julien lui-même, au lieu des présents que les gouverneurs avaient coutume de faire aux empereurs, n'accepta que des compliments. Il tenait de son éducation le goût des harangues; et comme dans la distribution des emplois, il avait préféré les gens de lettres, il trouva de quoi se satisfaire dans ce voyage. La superstition le suivait partout; et il laissa en plusieurs lieux des traces sanglantes de sa haine contre les chrétiens. On observe qu'il avait mis un si bon ordre dans les provinces occidentales, que son éloignement n'y produisit aucun trouble: sa réputation suppléait à sa présence; et ces nations turbulentes qui bordaient le Rhin et le Danube respectèrent, tant qu'il vécut, les limites de l'empire, comme si le bras de Julien eût toujours été suspendu sur leurs têtes.

[398] Une loi nous apprend qu'il était encore à Constantinople le 12 mai de cette année. Sa lettre adressée aux habitants de Bostra en Arabie fait voir qu'il était à Antioche le 1er août.—S.-M.

[399] Selon Zosime (l. 3, c. 11), Julien serait resté dix mois à Constantinople, δέκα διατρίψας ἐν τῷ Βυζαντίῳ μῆνας. Il est évident qu'il se trompe. Julien entra dans cette ville le 11 décembre 361; et le 29 juin, selon les actes de S. Basile d'Ancyre, il sortit de la capitale de la Galatie, pour se rendre à Antioche. On a des lois datées de cette ville depuis le 28 juillet 362. Il est donc presque impossible que le séjour de Julien à Constantinople se soit prolongé beaucoup au-delà de six mois.—S.-M.

XXXIII. Il arrive à Pessinunte.

Amm. l. 22, c. 9.

Liban. or. 8, t. 2, p. 247 et 254, et or. 10, p. 300.

Jul. or. 5, p. 158 et or. 6, p. 181, et ep. 21, p. 388.

Greg. Naz. or. 4, t. 1, p. 133.