Banduri, num. in Magn. et Decent.

Till. art. 27, et note 24.

Cod. Th. l. 9, tit. 38. leg. 2, ff. l. 4, t. 20, leg. 3.

[Eckhel, doct. num. vet. t. VIII, p. 121-123.]

A la fin de l'hiver, Constance, qui s'était continué avec Gallus dans le consulat, envoya ses généraux pour terminer la guerre. Magnence fut entièrement défait près d'un lieu nommé alors le mont Séleucus[11], entre le Luc et Gap dans le Dauphiné, et s'enfuit à Lyon. Les soldats qui l'accompagnèrent dans sa fuite, le voyant sans ressource et ne jugeant pas à propos de périr avec lui, résolurent de le livrer à l'empereur. Ils environnent sa maison, et criant, Vive Constance Auguste, ils le gardent non plus comme leur maître, mais comme leur prisonnier. Magnence effrayé de l'idée des supplices qu'il doit attendre, entre en fureur; il égorge tout ce qu'il a de parents et d'amis auprès de lui, tue sa propre mère, porte à son frère Désidérius qu'il avait fait César, plusieurs coups dont aucun ne fut mortel; et appuyant la garde de son épée contre la muraille, il se perce le sein et expire sur ces corps sanglants. C'était le 11 du mois d'août. Il était âgé d'environ cinquante ans; il avait porté le titre d'Auguste trois ans et près de sept mois. On lui coupa la tête, qu'on porta en spectacle dans toutes les provinces. Sept jours après, son frère Décentius, qui accourait à son secours, et qui était arrivé à Sens, ayant appris sa mort tragique et se voyant lui-même enveloppé de troupes ennemies, s'étrangla de ses propres mains[12]. On peut conjecturer par ses médailles et par celles de Magnence, qu'il avait été associé à l'empire, apparemment dans le même temps que Désidérius avait reçu le titre de César. Celui-ci, dès qu'il fut guéri de ses blessures, se remit à la discrétion de l'empereur. Constance vint à Lyon après la mort de Magnence[13]. Il y était le 6 septembre. C'est la date d'une loi donnée à Lyon, par laquelle il accorde une amnistie générale pour les crimes commis sous la domination du tyran, à la réserve de cinq crimes atroces qui excluaient tout pardon. La loi ne les spécifie pas; mais on peut conjecturer par une autre loi, que c'étaient le crime de lèse-majesté au premier chef, la violence publique, le parricide, l'empoisonnement, et l'assassinat. Malgré ces amnisties, et quoi qu'en dise Julien, qui fut le panégyriste de Constance tant qu'il eut sujet de le craindre, le vainqueur fit peu de grace au parti vaincu; et s'il épargna Désidérius, comme Zonare donne lieu de le croire, beaucoup d'innocents furent d'ailleurs enveloppés dans sa vengeance. Avant que d'en raconter les tristes effets, je crois devoir m'arrêter pour tracer une idée des lois qui furent publiées depuis la mort de Constantin le jeune. Le fil des événements m'a obligé de différer jusqu'ici cet article, qui n'est pas étranger à l'histoire. Afin d'éviter des interruptions trop fréquentes, je joindrai les lois qui furent données les deux années suivantes, jusqu'à la mort de Gallus.

[11] Cette indication fait voir que les généraux de Constance entrèrent dans la Gaule par le passage du mont Genèvre. L'itinéraire d'Antonin (p. 357, ed. Weissel.) place le mont Séleucus à 24 milles de Vapincum (Gap), et à 26 de Lucus (le Luc) sur la route de Die (Dea Vocontiorum). Cette position répond à Mont-Saléon, petit endroit sur une hauteur à la droite de la petite rivière de Buech, qui se jette dans la Durance. On a trouvé des antiquités romaines dans ce lieu qui est dans le département des Hautes-Alpes.—S.-M.

[12] Le 18 du mois d'août.—S.-M.

[13] Constance était à Ravenne le 21 juillet; à Lyon, le 6 septembre; à Arles, le 3 novembre de cette année. Il se trouvait encore dans cette dernière ville le 23 du même mois.—S.-M.

XLV. Lois touchant la religion.

Cod. Th. lib. 8, tit. 4, leg. 7.