[33] Ce prélat fut envoyé dans l'Arménie, qui était sa patrie.—S.-M.

An 355.

XXXV. Festin malheureux d'Africanus.

Amm. l. 15, c. 3.

Jul. ad Ath. p. 272 et 273.

Idat. chron.

Les songes étaient devenus des crimes: des paroles échappées dans l'ivresse, qui ne portent guère plus de réalité que des songes, furent punies comme des attentats réfléchis. Africanus, gouverneur de la seconde Pannonie, donnait un grand repas à Sirmium. Plusieurs convives échauffés par le vin, se croyant en liberté, se mirent à censurer le gouvernement: les uns souhaitaient une révolution; les autres dont l'imagination était plus allumée, prétendaient en avoir des pronostics indubitables. Un agent du prince, nommé Gaudentius, stupide et étourdi, se fit un grand scrupule d'avoir entendu des propos de cette importance, sans aller à révélation. Il va les déclarer à Rufin, chef des officiers de la préfecture[34]; celui-ci était une sangsue de cour, détesté depuis long-temps pour sa malice. Rufin vole aussitôt à Milan: il fait trembler le prince. Constance sans délibérer donne l'ordre d'aller enlever Africanus et tous ses dangereux convives. Il récompense le délateur en lui prolongeant de deux années l'exercice de sa charge, dont il savait faire un si bon usage. On dépêche deux officiers des gardes, dont l'un était un Franc nommé Teutomer[35], pour se saisir des conjurés qui avaient oublié leur crime. On les amène chargés de chaînes. En passant par Aquilée, pendant qu'on se préparait pour le reste du voyage, le tribun Marinus, un des prisonniers, homme vif et impétueux, qui se reprochait d'avoir bu et parlé plus que tous les autres, se plonge dans le corps un couteau qu'il trouve sous sa main, et se tue. Les autres sont conduits à Milan, appliqués à la question, et convaincus d'avoir tenu à table des propos criminels, dont ils ne se souvenaient plus. On les enferme dans des cachots avec fort peu d'espérance qu'on voulût bien leur accorder la vie. L'histoire ne dit pas ce qu'ils devinrent; elle ajoute seulement que les deux officiers furent condamnés à l'exil, pour n'avoir pas empêché Marinus de se donner la mort; mais qu'ils obtinrent leur grâce à la prière d'Arbétion, qui était alors consul avec Lollianus.

[34] Apparitionis præfecturæ prætorianæ tunc principem.—S.-M.

[35] On voit par une lettre de Libanius (ep. 1288, ed. Wolf.) adressée à cet officier, qu'il suivit Julien dans la guerre contre les Perses.—S.-M.

XXXVI. Guerre contre les Allemans.