LXIII. Liberté des évêques contre Constance.
Hilar. ad Const. p. 1217-1224.
Pagi, ad Baron.
Horn. ad Sulp. Sev. l. 2, c. 55.
Till. vie de Lucif. art. 2.
Ath. ad Lucif. t. 1, p. 965.
Hier. vir. illust. c. 95. t. 2, p. 915. Baronius.
Les emportements pleins d'indécence, auxquels Constance s'abandonna dans ce concile, le rendirent tout-à-fait méprisable. On oublia ce qu'on devait à l'empereur, après qu'il eut oublié ce qu'il se devait à lui-même; et quoique les divins oracles ne recommandent pas moins le respect pour les souverains que le zèle pour la vérité, cependant les prélats les plus saints, et dont la mémoire sera à jamais en vénération dans l'église, ne virent plus en l'empereur que la personne de Constance, c'est-à-dire, l'égarement, l'injustice et la faiblesse. C'est sans doute à ce sentiment qu'il faut attribuer l'extrême liberté avec laquelle saint Hilaire de Poitiers invectiva quelque temps après contre l'empereur dans un écrit qu'il lui adressa à lui-même. On croit à la vérité que cette requête composée du vivant de Constance, ne fut publiée qu'après sa mort. La hardiesse de Lucifer est moins étonnante: c'était un homme dur, chagrin, incapable de ménagement. Pendant son exil il envoya au prince cinq livres remplis des reproches les plus atroces, et il trouva un homme assez hardi pour les présenter de sa part à l'empereur. Constance inégal et bizarre se piquait quelquefois d'une patience philosophique: on rapporte qu'un de ses courtisans qui voulait exciter sa colère, lui ayant dit un jour: Rien n'est plus doux que l'abeille; vous voyez cependant qu'elle n'épargne pas ceux qui viennent piller ses rayons; ce prince lui répliqua: Mais vous voyez aussi qu'il lui en coûte la vie pour un coup d'aiguillon. Il se trouva dans cette heureuse disposition à l'égard de Lucifer. Il chargea Florentius, grand-maître du palais, de savoir du prélat même, s'il était l'auteur de ces écrits. Lucifer avoua l'ouvrage, le renvoya avec un sixième livre encore plus outrageant, et protesta qu'il était prêt à mourir avec joie. L'empereur se contenta de le reléguer en Thébaïde. Le schisme auquel Lucifer se porta dans la suite par un effet de son caractère inflexible, nous dispense de chercher à le justifier. Mais ce qui est embarrassant, c'est que saint Athanase, qui était en ce temps-là le modèle de la vertu, ainsi que le défenseur de la foi chrétienne, approuve ces livres audacieux, qu'il en loue l'auteur comme un homme embrasé de l'esprit de Dieu, et que dans sa lettre aux solitaires il n'épargne pas lui-même l'empereur. Nous pardonnera-t-on de dire ici, avec le respect dû à la mémoire de ces saints prélats, que l'humanité, même dans sa plus grande perfection, manque quelquefois de justesse pour concilier des devoirs qui semblent se combattre, ou d'étendue pour les embrasser tous; et que les grands saints, pour être des héros, ne cessent pas d'être des hommes?
LXIV. Exil de Libérius.
Ath. ad monach. t. 1, p. 364-368.