[72] Νίτρον. Il est probable qu'il s'agit ici du natron, qui se tire, en grande abondance, des lacs salés, situés dans le désert de Libye, au sud-ouest d'Alexandrie. Ce canton devait, à cette production, le nom de Nitriotis.—S.-M.
[73] Professionisque suæ oblitus, quæ nihil nisi justum suadet et lene, ad delatorum ausa feralia desciscebat. Amm. Marcel., l. 22, c. 11.—S.-M.
[74] Il était à Sirmium auprès de Constance, au mois de mai 359.—S.-M.
[75] Au mois d'octobre 359.—S.-M.
IX. Fuite de S. Athanase.
Ath. apol. ad Const. t. 1, p. 308-316, et vita Anton. p. 864.
Rufin, l. 10. c. 18 et 19.
[Greg. Naz. or. 21, t. 1, p. 384.]
Athanase était resté quelques jours caché dans Alexandrie avec tant de précaution, que les fidèles mêmes ne connaissaient pas le lieu de sa retraite. A l'arrivée de George, il s'enfuit dans les déserts. Peu de temps après, il retourna sur ses pas dans le dessein d'aller trouver l'empereur. Il se fiait sur sa propre innocence, et ne pouvait se persuader que le prince eût oublié ses promesses et ses serments. Mais il n'en fut que trop convaincu par la lecture de deux lettres de Constance: l'une était adressée aux habitants d'Alexandrie; il les exhortait à obéir à George qu'il comblait de louanges; il menaçait de toute son indignation les partisans d'Athanase, dont il traçait le portrait le plus affreux. L'autre était écrite aux deux rois d'Éthiopie, Aïzan et Sazan[76]: l'empereur leur ordonnait comme à des vassaux, d'envoyer en Égypte Frumentius, ordonné évêque par Athanase, afin qu'il y vînt puiser la saine doctrine dans les instructions de George; et de mettre Athanase lui-même, s'il était dans leurs états, entre les mains des officiers romains. Athanase apprit en même temps, qu'on gardait tous les passages; qu'on examinait tous ceux qui sortaient d'Alexandrie; qu'on visitait tous les vaisseaux. Il se retira donc dans les sables d'Égypte, et il y resta jusqu'à la mort de Constance. D'abord il vécut avec les moines qui habitaient ces retraites; et ces hommes angéliques, consommés dans la pratique des plus sublimes vertus, trouvaient dans le nouvel anachorète un maître et un modèle. Athanase, au milieu de ces solitudes, recueillit un héritage plus précieux pour lui que tous les trésors d'Alexandrie; c'était une tunique de peaux de brebis que lui avait laissée saint Antoine, mort quelque temps auparavant à l'âge de cent cinq ans. Les soldats poursuivirent le saint évêque jusque dans ces affreuses contrées. Pour épargner à ses hôtes les mauvais traitements et les massacres, il s'enfonça plus avant dans les déserts, où il ne recevait de secours que d'un chrétien fidèle, qui lui apportait au hasard de sa vie les aliments les plus nécessaires. Il se tint même long-temps enfermé dans une citerne sèche, dont il fut encore obligé de sortir, parce qu'on l'avait trahi. Ce héros de la foi, fuyant, poursuivi, abandonné, manquant de tout, excepté de la grace divine, forgeait au fond de ces déserts des foudres qui allaient frapper George et les Ariens au milieu d'Alexandrie; et dans des alarmes continuelles, il trouva en lui-même, ou plutôt en Dieu qui le couvrait partout de ses ailes, assez de repos et de force, pour composer une grande partie de ces ouvrages pleins d'onction, d'éloquence et de lumières, qui feront toujours l'instruction et l'admiration de l'église.
[76] Ou plutôt Aeïzanas et Saïazanas. Athanase appelle ces princes (Apol. ad Const. tom. 1, pag. 313 et 315) oἵ ἐν Ἀυξούμει τύραννοι, les tyrans d'Auxoum. Dans l'adresse de sa lettre, Constance ne leur donne aucun titre. Νικήτης Κονστάντιος μέγιστος σέβαστος Αἰ ζανᾷ καἰ Σαζανᾷ. Μ. Salt, pendant le premier voyage qu'il fit en Éthiopie, en 1806, découvrit dans les ruines d'Axoum une inscription, longue et fort intéressante relative aux mêmes princes. Elle fut érigée pour conserver le souvenir des victoires d'Aeïzanas, sur un peuple rebelle nommé Bougaïtæ, ΒΟΥΓΑΕΙΤΩΝ. Ce peuple paraît être le même que les Blemmyes, dont le nom véritable est Bedjah ou Bodjah; car pour l'autre dénomination, ils la tenaient des Égyptiens. Aeïzanas prend, sur ce monument, les titres de roi des Axomites, des Homérites, de Raeidan, des Éthiopiens, des Sabæites, de Siléa, de Tiamo, des Bougaïtes et de Kaeï. A cette nomenclature, il ajoute le titre de roi des rois. On voit qu'à cette époque les Homérites, c'est-à-dire les habitants de l'Yemen, obéissaient au même souverain que les Éthiopiens. C'est un état de choses qui s'est renouvelé depuis. Ceci est d'accord avec une loi du 16 janvier 356 (Cod. Th. l. 12, tit. 12), dans laquelle il est question d'une ambassade envoyée par Constance aux Axoumites et aux Homérites. Il paraît qu'Aeïzanas n'était pas encore chrétien, puisqu'il se dit fils de l'invincible Mars, υἱὸς θεοῦ ἀνικήτου Ἄρεως. Outre son frère Saïazanas mentionné dans la lettre de Constance, l'inscription en nomme un autre Adephas. C'est à leur valeur qu'Aeïzanas dut la soumission des Bougaïtes; il était seul souverain. Toutes ces circonstances réunies donnent lieu de croire que le monument dont il s'agit est antérieur à la lettre de Constance. Voy. à ce sujet les deux Voyages de M. Salt, et une lettre de M. Silv. de Sacy, insérée dans les anciennes Annales des voyages, t. XII, p. 33.—S.-M.