X.
Supplices de Marc d'Aréthuse.
[Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 89-91.]
Theod. l. 3, c. 7.
Soz. l. 5, c. 10.
Till. pers. note 16.
Le fanatisme étouffait dans le cœur de Julien jusqu'aux sentiments de la plus juste reconnaissance. Marc, évêque d'Aréthuse, lui avait sauvé la vie dans son enfance. On ne sait si ce prélat, fameux auparavant par son zèle pour l'arianisme, était revenu de ses erreurs, comme Théodoret le fait entendre, ou s'il y restait encore engagé. Tout ce qui portait le nom de chrétien, était également en butte aux traits de l'idolâtrie; et dans cette proscription générale, plusieurs hérétiques souffrirent constamment la mort. Marc accablé d'années, mais plein de force et de courage, fut la victime d'une populace effrénée[25]. Il endura pendant plusieurs jours tous les tourments que peut inventer la cruauté, toujours plus ingénieuse dans les ames les plus stupides et les plus grossières. Sa vieillesse triompha cependant des supplices les plus douloureux, et il survécut à l'empereur. La nouvelle de ce traitement inhumain étant parvenue à la cour, Julien n'en témoigna aucun ressentiment. Mais le préfet Salluste, dont l'ame généreuse en fut révoltée, prit la liberté de dire à l'empereur: Prince, quelle honte pour nous d'être si inférieurs aux chrétiens, qu'un de leurs vieillards ait surmonté un peuple entier et tout ce que nous avons de tortures! Ce n'était pas un honneur de le vaincre; mais c'est le comble de l'ignominie, d'en avoir été vaincus.
[25] On l'accusait d'avoir détruit, sous le règne de Constance, un temple, et on voulait le contraindre de le rétablir à ses dépens.—S.-M.
XI.
Zèle ardent des chrétiens.