Il se rend maître de C. P.
Amm. l. 26, c. 6.
Themist. or. 7, p. 91.
Zos. l. 4, c. 5 et 6.
Dans ce ridicule appareil il sortit escorté d'une garde nombreuse. Les soldats sous leurs enseignes marchaient en ordre de bataille; et pour jeter l'effroi, ils frappaient à grands coups de javelots leurs boucliers, qu'ils tenaient élevés sur leurs têtes, afin de se mettre à couvert des pierres et des tuiles dont on aurait pu les accabler du haut des toits. Entre les premiers de la ville, les uns étaient déja arrêtés; les autres, surpris de cet événement imprévu, se tenaient renfermés, sans savoir quel parti prendre. Le peuple, sortant dans les rues, ne témoignait d'abord qu'une curiosité froide et indifférente. Cependant la haine universellement répandue contre Pétronius, jointe aux charmes de la nouveauté, rendait agréable à la plupart cette révolution subite. Les esclaves, la vile populace, les bas-officiers du palais, les vieux soldats qui avaient obtenu leur congé, se joignent de gré aux rebelles, ou sont entraînés par force. Les habitants d'une condition plus honnête et d'un esprit plus sensé s'échappent de la ville, passent le Bosphore, et vont avec empressement se rendre au camp de Valens. Procope à cheval traversait la foule, affectant un air affable et un sourire populaire à travers lequel on démêlait aisément ses craintes. Étant arrivé près de la salle du sénat, il monta sur le tribunal; et comme l'assemblée nombreuse dont il était environné, au lieu des acclamations ordinaires, demeurait dans un morne silence, il se crut au dernier moment de sa vie, un tremblement universel le saisit, et il resta long-temps debout sans pouvoir proférer une parole. Enfin, faisant un effort, il commença d'une voix faible et entrecoupée à parler de son alliance avec la famille des derniers empereurs. Ses partisans le tirèrent d'embarras en l'interrompant par un murmure flatteur, suivi aussitôt des acclamations confuses du peuple qui le proclama empereur. Plus heureux qu'il n'avait espéré, il entre dans le sénat, où n'ayant trouvé aucun sénateur, mais une poignée de gens sans aveu, il va en diligence prendre possession du palais impérial. Il attire le peuple par toutes les amorces que les tyrans ne manquent pas de présenter d'abord pour gagner les esprits: il promet d'abondantes largesses et la réduction des impôts. Il fait ouvrir le trésor public, les magasins, les arsenaux; il commence lui-même le pillage, et abandonne le reste à l'avidité du peuple.
XXXIII.
Artifices de Procope.
Amm. l. 26, c. 7.
Themist. or. 7, p. 91 et 92.
Zos. l. 4. c. 5 et 6.