Idat. chron.
Amm. l. 26, c. 9.
Zos. l. 4, c. 8.
Them. or. 7, p. 91.
Philost. l. 9, c. 5.
Greg. Nyss. contra fatum t. 2, p. 80.
A la nouvelle de ce succès inespéré, l'empereur partit de Sardes, pour marcher au-devant de Procope en Phrygie. Il se livra le 27 de mai près de Nacolia une seconde bataille[491]. C'était le sort du rebelle d'être trahi par ses généraux. Agilon, aussi perfide que Gumoaire, voyant le combat engagé, court à toute bride se jeter dans l'armée de Valens; son exemple entraîna des bataillons entiers, qui baissant leurs enseignes, passent leurs boucliers sous leurs bras, ce qui était un signe de désertion, et se rendent à l'empereur. Procope abandonné prend la fuite; il gagne les bois et les montagnes voisines, suivi de deux de ses officiers, Florentius et Barchalba[492], que la nécessité plutôt que l'inclination avait engagés dans son parti[493]. Ils errèrent toute la nuit, toujours dans la crainte d'être poursuivis et reconnus à la clarté de la lune. Enfin, Procope abattu de fatigue et de douleur, descend de cheval et se jette au pied d'un rocher. Là plongé dans une tristesse mortelle, il déplorait son infortune et la perfidie de ses officiers, lorsque ses deux compagnons, craignant de partager avec lui ses derniers malheurs, le saisissent, l'attachent avec les courroies de son cheval, et au point du jour l'amènent au camp, et le présentent à l'empereur. Ce malheureux, sans proférer une parole ni lever les yeux, attendit le coup mortel, qui lui trancha la tête, et abattit en même temps la rébellion[494]. Valens, dans le premier accès de sa colère, fit massacrer Florentius et Barchalba[495], dont la trahison, quoique odieuse, ne méritait pas la mort, si Procope n'était qu'un traître et un rebelle. Ainsi périt Procope, âgé de près de quarante et un ans[496]. Sur la foi des astrologues il s'était flatté de parvenir au comble de la grandeur: après sa mort ces imposteurs, pour sauver l'honneur de leur science chimérique, publièrent qu'ils avaient entendu le comble des maux et non pas de la fortune.
[491] Selon la chronique Paschale, p. 301, Procope fut défait et pris le 20 juin.—S.-M.
[492] Ce dernier s'était distingué selon Ammien Marcellin, l. 26, c. 9, dans les cruelles guerres survenues sous le règne de Constance. Quem per sævissima bella jam inde a Constantii temporibus notum.—S.-M.
[493] Necessitas in crimen traxerat, non voluntas. Amm. Marc. l. 26, c. 9.—S.-M.