[570] Voyez t. 1, p. 411, note 2, liv. VI, § 14.— S.-M.
[571] Une grande partie du quatrième livre de Faustus de Byzance, depuis le chapitre vingt-sixième jusqu'au cinquantième, est consacrée au récit de ces expéditions. Cet auteur fait connaître vingt-deux généraux persans différents, sur lesquels nous allons donner quelques notions sommaires. 1º Vin; il revint en Arménie après la prise du roi Arsace, pour achever la conquête du pays. 2º Andékan; différent, à ce qu'il paraît, de celui qui a été mentionné un peu plus haut; il périt dans son expédition. 3º Hazaravoukhd; il portait le même nom qu'un autre général défait par le connétable Vasag; il ravagea l'Arzanène, où il fut aussi vaincu par Vasag. Il périt dans le combat. L'histoire d'Arménie fait mention de plusieurs généraux persans qui vivaient à des époques plus modernes et qui s'appelaient de même Hazaravoukhd. 4º Vahridj; il fut vaincu et tué dans un lieu nommé Makhazian, dont la position est inconnue. 5º Goumand-Schahpour; celui-ci était accompagné du traître Méroujan. 6º Dehkan-Nahabied; il était Arménien et parent des Mamigoniens. 7º Souren; issu du sang des Arsacides; c'est celui dont il a déja été question ci-devant, p. 79, note 2, liv. XIV, § 15. 8º Abakan-Vsémakan. 9º Zik; il portait le nom de chef des messagers (Noviragabied) du roi. 10º Souren; il était Persan; c'est celui dont j'ai parlé ci-devant, page 79, note 2, liv. XIV, § 15. Il fut fait prisonnier. 11º Hrevscholom; il était parent du roi d'Arménie et de la même race, sans doute de la famille des Arsacides. 12º Alana-Ozan; il était aussi de la race des Arsacides. Il en sera encore question ci-après, p. 290, 393, § 10 et 11. 13º Boïekan; il est qualifié de grand prince persan. Il fut vaincu et tué auprès de Tauriz, dans l'Atropatène. 14º Vatchagan; ce nom fut porté par plusieurs des rois de l'Albanie Caucasienne. Il est dit que celui-ci était un des dynastes persans. Il fut vaincu dans le centre de l'Arménie, auprès du fort de Darioun, situé dans le canton de Gog, non loin des sources de l'Euphrate méridional. 15º Meschkan; dynaste persan. 16º Maridjan; autre dynaste. 17º Zindakapied; je soupçonne ce nom de n'être qu'un titre, attribué en Perse au surintendant des éléphants. Celui-ci n'est désigné que comme un simple général. 18º Le grand-maître de la garde-robe du Sakastan (Anterdsabied Sakesdan), pays appelé actuellement Sedjestan ou Sistan. Hanterdsabied signifie littéralement en arménien chef des vêtements. 19º Schabesdan Dagarhabied, c'est-à-dire le grand-échanson du Schabestan; j'ignore quel est ce pays. 20º Mogats Anterdsabied (le grand-maître de la garde-robe des mages); la nature et les fonctions de cette charge me sont également inconnues. 21º Hamparakabied (le grand-panetier du roi de Perse); il fut vaincu dans la Cordouène, auprès de la ville de Salmas, qui existe encore avec le même nom au nord-ouest du lac d'Ourmi; et enfin 22º Merhikan, qualifié du simple titre de général.—S.-M.
[572] Faustus de Byzance, ou plutôt les copistes qui nous ont transmis son histoire, pour relever d'autant les exploits des Arméniens, exalte outre mesure les forces des Persans; il ne les compte que par trois ou quatre cents myriades. Le même esprit d'exagération se remarque dans tout son ouvrage.—S.-M.
VIII.
[Les Arméniens trahissent leur roi.]
[Faust. Byz. l. 4, c. 50.]
—[Ce que la force n'avait pu, la trahison l'acheva; les secrètes menées de Sapor obtinrent enfin un plein succès auprès des seigneurs arméniens. Arsace était dans son camp sur le territoire persan, dans l'Atropatène, non loin du pays des Caspiens[573], quand il apprit la défection générale des grands du royaume et de toutes les familles puissantes. L'exemple fut donné par les dynastes du midi. Tous les satrapes de l'Arzanène[574], alliés par une origine commune avec la famille de Méroujan[575], se soulevèrent en même temps, fortifièrent leurs châteaux, garnirent de murs et de retranchements les issues de leurs vallées tournées vers l'Arménie, et se réunirent aux troupes du roi de Perse. On apprit presque aussitôt la révolte de la Gogarène[576] et des régions voisines situées sur la frontière septentrionale du royaume, du côté de l'Ibérie[577], vers les rives du Cyrus. Les princes de Gardman[578] et d'Artsakh[579] en firent autant. La contagion ne tarda pas à s'approcher du camp d'Arsace; les chefs de la Cordouène et des cantons voisins passèrent aussi du côté des Perses. Arsace n'eut bientôt plus les moyens de rentrer dans ses états; il se trouva cerné sur un territoire étranger. Tant de révolutions répandirent le désordre et la terreur dans son camp, et les murmures de ses soldats lui apprirent qu'il ne devait plus compter sur eux au moment du danger. Les princes mêmes qui ne le trahirent pas, l'abandonnèrent. Salmouth, seigneur de l'Anzitène[580], et le prince de la Sophène, regardant sa cause comme perdue et prévoyant tous les maux qui allaient fondre sur leur patrie, quittèrent le camp et se retirèrent chez les Romains.
[573] Les anciens plaçaient la Caspiène, c'est-à-dire le pays des Caspiens, dans le voisinage de l'Albanie, sur la rive droite du Cyrus, non loin de son embouchure dans la mer Caspienne, sur les frontières de l'Atropatène, à l'occident des Cadusiens, qui occupaient la plus grande partie du Ghilan moderne. Ce territoire semble répondre au pays qui porte actuellement le nom de Moughan, du côté de la ville d'Ardebil, dans l'Aderbaïdjan.—S.-M.
[574] Outre le pétéaschkh de l'Arzanène, Faustus de Byzance, § 4, c. 50, fait encore mention du pétéaschkh de Norschirag et des familles de Mahker et de Nihoragan. Le pays de Norschirag était sur les bords du Tigre, au nord de Ninive.—S.-M.
[575] La famille des princes de l'Arzanène, dont le chef portait par héritage le titre de pétéaschkh (voyez sur cette dignité, t. 2, p. 210, l. X, § 3, et ci-devant, p. 41, note 2, liv. XIII, § 32), descendait de Sennachérib, roi d'Assyrie, de même que la race des Ardzouniens, ainsi que nous l'apprend Moïse de Khoren, l. 1, c. 22. Schareschar, un des descendants de Sanasar, fils de Sennachérib, avait obtenu de Vagharschak, premier roi arsacide en Arménie, an milieu du deuxième siècle avant notre ère, le titre de grand-pétéaschkh du sud-ouest de l'Arménie ou du pays d'Aghdsen qui est l'Arzanène (Mos. Khor., l. 2, c. 7). Sa postérité était encore en possession de ce pays dix siècles après; un certain Abelmakhra, qui en était seigneur en l'an 896, en fut dépouillé par un prince arabe nommé Ahmed, qui régnait à Amid. Voyez mes Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, t. 1, p. 164.—S.-M.