[609] Il s'agit ici de la ville de Van, située au sud-est du lac qui porte son nom. Elle est encore puissante et peuplée, et le chef-lieu d'un pachalik qui comprend la plus grande partie de l'Arménie turque. A l'époque dont il s'agit cette ville portait déja le nom de Van, et elle appartenait aux princes de la race des Rheschdouniens. Elle avait été appelée dans l'origine la ville de Sémiramis; en arménien, Schamiramakerd. Elle avait été fondée par la reine d'Assyrie, femme de Ninus, quand elle fit la conquête de l'Arménie, environ vingt siècles avant notre ère. Cette princesse y fit construire de magnifiques monuments qui s'y voyaient encore long-temps après, au rapport de Moïse de Khoren, l. 1, c. 15. Les auteurs arméniens parlent de ruines considérables qui se trouvent dans le voisinage de cette ville, et sur lesquelles on remarque des inscriptions en caractères inconnus. Le nom de Sémiramis ne s'est pas encore perdu tout-à-fait dans ces régions, car on y fait mention d'un torrent qui se jette dans le lac de Van, et qui s'appelle Schamirama-arhou, c'est-à-dire le torrent de Sémiramis. Pour de plus amples détails, voyez mes Mémoires histor. et géogr. sur l'Arménie, t. 1, p. 137-140.—S.-M.

[610] Cette ville mentionnée dans Ptolémée, l. 5, c. 13, sous le nom de Naxuana, est appelée par les Arméniens Nakhdjavan, Nakhdchovan, Nakhtchovan, et par les Arabes Naschouy et Nakdjewan; on la nomme actuellement Nakhtchéwan. On la trouve au nord de l'Araxes; elle est encore grande et peuplée. J'ai parlé fort au long de ce qui concerne son histoire et ses antiquités, et en particulier de sa population juive, dans mes Mém. histor. et géogr. sur l'Arménie, t. 2, p. 126, 131, 132, 267 et 268.—S.-M.

[611] On sait par un grand nombre de passages des auteurs anciens que l'usage des rois de Perse était d'emmener avec eux et de transporter dans leur royaume les habitants des villes dont leurs armées se rendaient maîtresses de vive force. Tout le monde connaît l'exemple des habitants d'Erétrie en Eubée, transportés dans la Susiane, par les généraux de Darius, fils d'Hystaspe, qui furent vaincus à Marathon par les Athéniens. On pourrait y ajouter beaucoup d'autres translations exécutées de même par les ordres des rois de Perse. Nous avons vu ci-devant, t. 2, p. 342-344, l. XI, § 20, l'enlèvement des habitants de Bézabde en Mésopotamie. Nous verrons de même les habitants d'Antioche, de Jérusalem et de beaucoup d'autres villes conquises par les Perses, transplantés dans l'intérieur du royaume par les ordres des deux Chosroès.—S.-M.

[612] Dans un ouvrage sur l'époque de la naissance et de la mort de J. C. que je compte bientôt livrer à l'impression, je donnerai des détails circonstanciés sur l'histoire des Juifs établis dans les régions situées au-delà de l'Euphrate.—S.-M.

[613] Il paraîtrait d'après ce que dit Ammien Marcellin, l. 25, c. 7, que les Persans conquirent alors la plus grande partie, maximum latus, de l'Arménie, toute cette portion qui était voisine de la Médie, Medis conterminans, mais non pas la totalité du royaume. Ce qu'il dit à ce sujet est fort clair. Postea contigit, ut vivus caperetur Arsaces et Armeniæ maximum latus Medis conterminans, et Artaxata inter dissensiones et turbamenta raperent Parthi. En effet, Faustus de Byzance, qui nomme, l. 4, c. 55, un grand nombre de villes prises à cette époque par les Persans, ne fait mention que de villes situées dans l'Arménie centrale, ou limitrophes de la Médie. Il ne parle ni des places, ni des cantons de l'Arménie voisins de l'Euphrate et de l'empire. Ce fut sans doute là que les princes arméniens rassemblèrent les forces qui se joignirent ensuite aux Romains pour chasser les Persans. Zosime dit aussi, l. 3, c. 31, que les Persans firent la conquête de la plus grande partie de l'Arménie, n'en laissant aux Romains qu'une très-petite portion. Προσαφείλοντο δὲ καὶ Ἀρμενίας τὸ πολὺ μέρος οἱ Πέρσαι, βραχύ τι ταύτης Ῥωμαίοις ἔχειν ἐνδόντες. L'historien grec veut sans doute désigner par là tous les cantons de l'Arménie occidentale, qui ne furent pas envahis par les Persans.—S.-M.

[614] Indépendamment des instances de la reine, les Romains étaient encore pressés par le prince Mouschegh fils de Vasag et par le patriarche Nersès, qui se rendirent eux-mêmes sur le territoire de l'empire, pour obtenir plus promptement les secours qu'ils sollicitaient.—S.-M.

[615] Tous les faits que j'ai racontés depuis le § 3, n'occupent qu'une vingtaine de lignes dans le texte de Lebeau, elles font partie du § 32, de son livre XVIII. Elles ne suffisent pas pour instruire de toutes les révolutions arrivées à cette époque en Orient. Mais Lebeau ne pouvait faire mieux, ne connaissant toute cette partie de l'histoire que par ce qu'en raconte Ammien Marcellin; c'est pourquoi il n'offre pas plus de détails que l'auteur latin. Tout ce que celui-ci rapporte est exact; mais, comme il ne parle qu'en passant de l'histoire d'Arménie, sa concision le rend nécessairement obscur, et il n'est pas étonnant qu'il ait induit en erreur ceux qui ont voulu se servir de son récit. A l'exemple de Tillemont (Hist. des Emp., t. 4, Valens, art. 12, not. 11 et 12), Lebeau a placé tous ces événements en l'an 372, tandis qu'ils se rapportent aux années 367 et 368. Ils se sont, en ce point, écartés bien à tort d'Ammien Marcellin, qui les met en l'an 368, sous le second consulat de Valentinien et de Valens, ce qui est tout-à-fait conforme aux indications que fournit la chronologie arménienne. Ces erreurs viennent de ce qu'ils ont cru que le roi Para était fils d'Arsace et de la princesse Olympias, parce qu'ils ignoraient l'existence de Pharandsem. Ils ont été en conséquence obligés de retarder l'avènement de Para pour lui donner à peu près l'âge indiqué par le récit d'Ammien Marcellin.—S.-M.

XIV.

Maladie de Valentinien.

Amm. l. 27, c. 6.