Theod. l. 3, c. 11 et 12.

Soz. l. 5, c. 7.

Philost. l. 7, c. 10.

Theoph. p. 42.

Il se vengea sur la grande église d'Antioche, alors possédée par les Ariens[33]. Il ordonna d'en fermer les portes, après qu'on en aurait tiré tous les vases sacrés qu'il confisquait au profit du trésor. Le comte Julien, Félix, trésorier de l'épargne[34], Helpidius, intendant du domaine[35], tous trois déserteurs du christianisme, furent chargés de cette commission. Ils ajoutèrent à l'exécution de leurs ordres toute l'impiété et toute l'insolence dont des apostats sont capables. Après avoir souillé par les profanations les plus abominables le sanctuaire et les vases qu'ils enlevaient, comme l'évêque Euzoïus les menaçait de la vengeance divine, le comte Julien lui donna un soufflet, en lui disant: Ne vois-tu pas que ton Dieu ne songe plus à défendre ses adorateurs? Félix, considérant la magnificence des vases consacrés aux saints mystères (c'étaient pour la plupart de riches présents de Constantin et de Constance), Voyez, dit-il, en quelle vaisselle se fait servir le fils de Marie? Ces blasphèmes ne furent pas impunis. Le châtiment d'Helpidius fut différé de quelques années; mais Félix mourut le soir même en vomissant le sang à gros bouillons. Le comte Julien, à qui Dieu réservait un plus long supplice, fut frappé ce jour-là même dans les parties secrètes d'une plaie horrible dont il mourut deux mois après.

[33] Quo tam atroci casu repentè consumpto, ad id usque imperatorem ira provexit, ut quæstiones agitari juberet solito acriores, et majorem ecclesiam Antiochiæ claudi.—S.-M.

[34] Ταμίας τῶν βασιλικῶν θησᾶυρων. Theod., l. 3, c. 12. Questeur des trésors impériaux.—S.-M.

[35] Τῶν ἰδίων τοῦ βασιλέως χρημάτων τε καὶ κτημάτων τὴν ἠγεμονίαν πεπιϛευμένος, c'est-à-dire, ayant le soin des richesses et des possessions particulières de l'empereur, ou ce que les Romains, dit Théodoret, l. 3 c. 12, appellent κόμιτα πριβάτων (comes privatarum).—S.-M.

XVIII

Ses cruautés réprimées par l'empereur.