Amm. l. 27, c. 5.
Themist. or. 8, p. 116.
Greg. Naz. or. 10, t. 1, p. 167.
Socr. l. 4, c. 11.
Soz. l. 6, c. 10.
Chron. Alex. vel Pasch. p. 301.
L'année suivante, sous le second consulat de Valentinien et de Valens, le débordement du Danube retint l'empereur en Mésie; étant resté inutilement pendant tout l'été campé sur les bords du fleuve[689], il retourna vers la fin de l'automne à Marcianopolis[690], où il célébra, selon l'usage, la solennité de la cinquième année de son règne; il y fit venir son fils, qui n'avait pas encore deux ans accomplis, et le désigna consul pour l'année 369, avec le général Victor. A l'occasion des quinquennales et de ce nouveau consulat, Thémistius, déja nommé précepteur du jeune prince, prononça deux discours: l'un convenait à un courtisan, il contenait l'éloge de l'empereur; l'autre est l'ouvrage d'un politique ingénieux. Ce sont des instructions adressées au fils, élève de l'orateur, mais qui pouvaient alors être utiles au père; elles sont présentées avec tous les agréments d'une éloquence délicate et fleurie[691]: il est vrai que Valens, pour en profiter, était obligé de les faire traduire; car ce prince, quoique régnant sur des Grecs, n'entendit jamais la langue grecque[692]. Pendant que les rivières du Nord sortaient de leur lit ordinaire, un autre fléau, produit peut-être par la même cause, affligeait la Bithynie; Nicée déja ébranlée par les tremblements précédents, fut entièrement renversée le 11 d'octobre, onze ans après la destruction de Nicomédie; et la ville de Germé, dans l'Hellespont, fut presque ruinée.
[689] Près d'un lieu nommé le bourg des Carpes, propè Carporum vicum, dit Ammien Marcellin, l. 27, c. 5. Ce bourg devait son nom, à ce qu'on croit, à une colonie de Carpes, peuple de la Dacie, qui y avait été placée par Galérius, après leur défaite en l'an 295. Voyez Valois, ad Amm. Marc. l. 27, c. 7.—S.-M.
[690] Deux lois de Valens font voir que ce prince était dans cette ville, le 12 novembre 368 et le 13 décembre suivant. Il y était déjà dès le 1er août de la même année.—S.-M.
[691] Thémistius fait mention, dans le premier de ses discours (or. 8, p. 116), d'un prince de l'Orient qui, abandonnant le sceptre paternel, τις τὰ σκῆπτρα ὑπεριδὼν τὰ πατρῷα, quoique ce ne fût pas le sceptre d'un royaume obscur, καὶ ταῦτα οὐκ ἀφανοῦς βασιλείας, vint trouver l'empereur à cette époque, préférant le servir à l'honneur de régner, μετανάστης ἤκει δορυφορήσων. Les interprètes de Thémistius croient qu'il s'agit ici du roi d'Arménie Para, fils d'Arsace, qui vint effectivement vers cette époque implorer la protection de Valens, contre les Perses. Tillemont (Valens, art. 8), pense qu'il s'agit plutôt de Bacurius, roi d'Ibérie, qui, chassé de son pays par des troubles civils, se mit au service des Romains, et y resta attaché jusqu'à sa mort. La coïncidence de l'époque à laquelle ce discours fut prononcé, avec celle de la fuite de Para, me porte à croire qu'il s'agit plutôt ici de ce dernier prince.—S.-M.