Auson. in Mosel. v. 421 et seq.

Socr. l. 4, c. 30.

Jorn. de regn. suc. apud Murat. t. 1, p. 237 et 238.

Chron. Alex. vel Paschal. p. 302.

Sulp. Sever. dial. 2, c. 6.

Zos. l. 4, c. 12.

Zon. l. 13, t. 2, p. 30.

Cod. Th. l. 7, tit. 8, leg. 2.

Valentinien mit ses troupes en quartiers d'hiver, et retourna à Trèves[698]: il avait choisi cette ville, pour son séjour ordinaire dans la Gaule; il y triompha avec son fils[699]. Ce fut vers ce temps-là qu'il répudia Sévéra[700], sa première femme, et mère de Gratien, pour épouser Justine[701], veuve de Magnence et fille de Justus, qui sous le règne de Constance avait été gouverneur du Picénum. On dit que Sévéra ayant acheté une maison de campagne fort au-dessous de sa valeur, Valentinien indigné de voir sa femme abuser ainsi de l'autorité de son rang, rendit la maison à l'ancien possesseur, et chassa Sévéra de son palais. Quelques historiens ont imaginé, à ce sujet, une intrigue amoureuse, plus digne d'un roman frivole que de la gravité de l'histoire. Ce second mariage était contraire aux lois de l'église, mais non pas aux lois romaines. Justine avait deux frères, Constantianus et Céréalis, qui furent successivement revêtus de la charge de grand-écuyer: tant que Valentinien vécut, elle renferma dans son cœur l'hérésie d'Arius dont elle était infectée; elle se contentait d'éloigner de l'empereur, autant qu'elle le pouvait, les prélats catholiques. Elle était belle, adroite, impérieuse; mais elle connaissait trop la fermeté de son mari, pour entreprendre de le séduire ou de le vaincre. Ce prince, loin de prêter son bras aux persécuteurs, ne permettait de troubler aucune des religions établies dans l'empire; et respectant le culte divin, lors même qu'il était défiguré par l'illusion et le mensonge; il défendit par une loi de donner des logements aux soldats dans les synagogues des Juifs.

[698] Il ne paraît pas que Valentinien soit retourné directement à Trèves, car une loi nous fait voir qu'il était à Cologne le 30 septembre; mais il était de retour à Trèves le 1er ou le 2 décembre.—S.-M.