[721] Ces troupes sont appelées Diogmites, par Ammien Marcellin, l. 27. c. 9. Adhibitis semiermibus paucis, quos Diogmitas appellant, dit-il. C'est le nom que l'on donnait à des troupes légères, qui n'étaient pas destinées à des expéditions militaires, mais qui servaient pour la police des routes. Voyez Henri Valois, ad Amm. l. 27, c. 9. Leur nom venait du verbe grec διώκω, je poursuis.—S.-M.
[722] Le Synecdème d'Hiéroclès, Constantin Porphyrogénète et les Actes du concile de Chalcédoine sont, avec Ammien Marcellin, les seules autorités qui nous font connaître cette ville, dont il est impossible de fixer la position.—S.-M
LVI.
Pillages en Syrie.
Amm. l. 28, c. 2 et ibi Vales.
La Syrie éprouvait aussi d'horribles ravages. Les habitants d'un bourg fort peuplé, nommé Maratocyprus, près d'Apamée[723], avaient formé entre eux une société de voleurs, et s'étaient rendus redoutables. Ils employaient la ruse autant que la force. Déguisés les uns en marchands, les autres en soldats, ils se répandaient sans bruit dans les campagnes; et s'introduisant séparément dans les villages et dans les villes, ils se réunissaient pour les saccager. Comme ils ne suivaient aucun ordre dans leurs courses, et qu'ils se transportaient rapidement dans des lieux fort éloignés, on ne pouvait prévoir leur arrivée. Aussi avides de sang que de butin, ils égorgeaient ceux qu'ils avaient dépouillés, arrachant la vie, lorsqu'ils ne trouvaient plus rien à enlever. Ils se faisaient un jeu du brigandage, et ils poussèrent l'insolence jusqu'à s'exposer au milieu d'Apamée. Un d'entre eux se déguisa en gouverneur de la province, un autre en receveur du domaine; le reste de la troupe prit des habits de sergents et d'archers. Le gouverneur avait droit de condamner à mort, et le receveur du domaine de saisir les biens de ceux qui avaient été condamnés. En cet équipage, ils entrent sur le soir dans Apamée, précédés d'un crieur qui publiait la sentence de condamnation d'un des plus riches habitants. Ils forcent la maison, massacrent le maître avec les domestiques qui n'eurent pas le temps de se mettre en défense, enlèvent l'argent et les meubles, et se retirent précipitamment avant le jour. Le bourg qui servait de retraite à ces brigands, fut bientôt rempli de toutes les richesses de la province. Enfin, par ordre de l'empereur on rassembla des troupes; on alla les assiéger: ils furent tous passés au fil de l'épée; et pour en détruire la race, on mit le feu à leur habitation. Les femmes qui se sauvaient avec leurs enfants à la mamelle, furent repoussées dans les flammes. Rien n'échappa à l'incendie; et les cruautés de ces scélérats furent punies par une vengeance aussi cruelle.
[723] Ville sur l'Oronte, qui fut appelée dans la suite par les Arabes Famich, et qui est maintenant détruite.—S.-M.
LVII.
[Sapor s'empare de l'Ibérie.]
[Amm. l. 27, c. 12.]