VII.

Il est chargé de rechercher les crimes de magie.

Chilon, qui avait été vicaire des préfets[828], et sa femme Maxima, accusèrent trois personnes[829] d'avoir attenté à leur vie par des maléfices. Olybrius préfet de Rome, à qui la connaissance de cette affaire appartenait, étant tombé malade, ils demandèrent pour juge l'intendant des vivres; et l'empereur, pour procurer une plus prompte exécution, souscrivit à leur requête. Armé de ce pouvoir, Maximin donna libre carrière à sa cruauté naturelle[830]. Il fit appliquer à la question les accusés, et sur leurs dépositions, vraies ou fausses, il mit à la torture un grand nombre de personnes. Chaque interrogatoire produisait de nouvelles charges, et le nombre des prétendus coupables se multipliait à l'infini. Des trois premiers accusés, Maximin en fit expirer deux sous les coups de lanières chargées de balles de plomb, parce que pour les engager à révéler leurs complices, il leur avait juré qu'il ne les ferait périr ni par le fer ni par le feu: comme il n'avait rien juré au troisième, il le condamna à être brûlé vif. Ce barbare commissaire[831], jaloux d'étendre sa juridiction sur les têtes les plus distinguées, fit entendre à l'empereur qu'il fallait redoubler de rigueur pour découvrir tant de forfaits, et pour en tarir la source: et Valentinien, toujours prêt à s'enflammer, déclara que les crimes de cette espèce seraient traités comme ceux de lèse-majesté; et qu'en conséquence nulle dignité, nul[832] privilége n'exempterait de la torture. Afin d'augmenter le pouvoir de Maximin, il le nomma vicaire des préfets; et comme si ce n'était pas assez de cette ame farouche, il lui donna pour adjoint le secrétaire Léon, monstre aussi altéré de sang, auparavant gladiateur en Pannonie, depuis maître des offices[833]. Le nouveau titre de Maximin, et l'union d'un collègue si bien assorti, le rendirent plus redoutable. Il s'attribua la connaissance de toutes les sortes de crimes, et s'érigea en inquisiteur général.

[828] Chilo ex vicario et conjux ejus Maxima nomine. Amm. Marcel. l. 28, c. 1. On voit par une loi de Valentinien, que c'était en Afrique qu'il avait exercé sa charge.—S.-M.

[829] C'étaient le musicien Séricus, le palestrite Asbolius et l'aruspice Campensis. Organarius Sericus, et Asbolius palæstrita, et haruspex Campensis. Amm. Marc. l. 28, c. 1.—S.-M.

[830] Acceptâ igitur nocendi materiâ Maximinus effudit genuinam ferociam, pectori crudo adfixam. Amm. Marc. l. 28, c. 1.—S.-M.

[831] Tartareus cognitor. Amm. Marc. l. 28, c. 1. Il le nomme un peu plus loin, ferreus cognitor.—S.-M.

[832] Divorum arbitria; c'est ainsi que l'on désignait les rescrits ou ordonnances des empereurs.—S.-M.

[833] Sociavit ad hæc cognoscenda quæ in multorum pericula struebantur, Leonem notarium, postea officiorum magistrum, bustuarium quemdam latronem Pannonium. Amm. Marc. l. 28, c. 1.—S.-M.

VIII.