Amm. l. 29, c. 4.

Cluv. ant. Germ. l. 3, c. 7.

Dès que les Bourguignons se furent retirés, Macrianus recommença ses ravages. Valentinien forma le dessein de l'enlever, comme Julien avait fait enlever Vadomaire. L'année suivante Gratien étant consul pour la seconde fois avec Probus[883], l'empereur pour tromper le prince alleman, passa une grande partie de l'année à Trèves et aux environs, feignant de n'être occupé que de la réparation des forteresses[884]. Pendant ce temps-là il donnait des ordres, et disposait tout pour une expédition secrète. Ayant été instruit par des transfuges du lieu où était Macrianus, il se rendit à Mayence [Mogontiacum] au commencement de septembre[885] avec peu de troupes, pour ne donner à l'ennemi aucune défiance. Le général Sévère passa sans bruit quelques lieues au-dessous de Mayence sur un pont de bateaux avec un corps d'infanterie, et s'avança dans le pays. Il avait ordre de cacher sa marche et de ne point permettre à ses soldats de s'écarter. Sévère ayant rencontré une troupe de marchands, les fit massacrer, dans la crainte qu'ils n'allassent donner avis de son approche. Mais appréhendant d'être découvert, et de ne pas se trouver assez fort pour résister, il fit halte près de Wisbaden[886], qu'on appelait alors Aquæ Mattiacæ[887], et attendit Valentinien qui vint le joindre au commencement de la nuit. On s'arrêta quelques heures en ce lieu, mais sans y camper, parce qu'on n'avait point apporté de bagage. L'empereur fit seulement dresser sur des pieux quelques tapis, qui lui tinrent lieu de tente. On se remit en marche avant le jour; l'armée était conduite par de bons guides. Théodose la devançait à la tête d'un corps de cavalerie; on avait pris les plus justes mesures pour surprendre Macrianus endormi.

[883] Il se nommait Sextus Pétronius Probus, et il était en même temps préfet du prétoire.—S.-M.

[884] Ses lois jusqu'au 28 juin de cette année sont datées de Trèves. On possède ensuite d'autres lois du 29 juin, du 21 et du 29 juillet, du 15 août, datées d'un lieu nommé Contionacum, endroit inconnu, mais qui paraît avoir été un palais dans les environs de Trèves.—S.-M.

[885] On voit par une loi que Valentinien se trouvait à Mayence le 6 septembre 371.—S.-M.

[886] Ce lieu est au-delà du Rhin, à une petite distance au nord de Mayence dans la principauté de Nassau.—S.-M.

[887] Pline est le premier qui ait fait mention de ces eaux thermales, sunt et Mattiaci, dit-il, l. 31, c. 2, in Germania fontes callidi trans Rhenum, quorum haustus triduo fervet. Elles devaient leur nom à une ville appelée Mattium, qui fut détruite en l'an 15 par Germanicus César, comme le rapporte Tacite, Ann. l. 1, c. 56: Cæsar, incenso Mattio, aperta populatus, vertit ad Rhenum. Ptolémée l'appelle Mattiacum, Ματτιακὸν, Geogr. lib. 2, cap. 11. Les eaux de Wisbaden n'ont pas moins de célébrité chez les modernes.—S.-M.

XXIII.

Macrianus lui échappe.