[1020] Cette ville qui donnait le nom de Sitifensis à toute la partie occidentale de la Mauritanie, dont elle était capitale, jouissait du titre et des droits de colonie romaine. D'Anville (Geograph. abrég. t. 3, p. 101) indique dans le pays de la régence d'Alger un lieu nommé Sétif qui doit y répondre selon lui. Au vrai, on ignore encore quelle fut la situation de cette ville, aussi-bien que celle de presque toutes les autres places de cette partie de l'Afrique qui s'éloigne des côtes.—S.-M.
[1021] Cet officier se nommait Crescens; on voit par une loi rendue sous le deuxième consulat de Gratien et de Probus, qu'il exerçait ses fonctions en l'an 371.—S.-M.
XLIX.
Découverte et punition de l'imposture.
La Tripolitaine fut réduite à souffrir sans se plaindre; mais l'œil de la justice éternelle[1022], qui ne dort jamais, suivit partout les coupables, et tira enfin la vérité de ce labyrinthe ténébreux. Palladius, disgracié pour un sujet qu'on ignore, se retira de la cour; quelques temps après, Théodose étant venu en Afrique, pour réprimer la rébellion de Firmus, dont nous allons bientôt parler, fit arrêter le comte Romanus, et se saisit de ses papiers; il y trouva une lettre[1023], qui prouvait manifestement, que Palladius en avait imposé à l'empereur[1024], et il l'envoya au prince. Palladius fut arrêté; et pressé par les remords de ses crimes, il s'étrangla dans la prison. Rémigius ne lui survécut pas long-temps; Léon lui ayant succédé, dans la charge de maître des offices, il s'était retiré dans ses terres près de Mayence [Mogontiacum], où il était né. Maximin, préfet des Gaules, avide de condamnations et de supplices, jaloux d'ailleurs du crédit dont Rémigius avait joui long-temps, cherchait l'occasion de le perdre; il fit mettre à la question un nommé Césarius, qui avait eu part à la confiance de Rémigius, et qui révéla toutes ses impostures. Dès que Rémigius en fut averti, il prévint la punition qu'il méritait, en s'étranglant lui-même.
[1022] Vigilavit justitiæ oculus sempiternus, ultimæque legatorum et præsidis diræ. Amm. Marc. l. 28, c. 6. Il dit ailleurs, l. 30, c. 6, en se servant de la même métaphore, sempiternus vindicavit justitiæ vigor.—S.-M.
[1023] C'était une lettre d'un certain Métérius, adressée à Romanus son patron. Domino patrono Romano Meterius. Amm. Marc. l. 28, c. 6.—S.-M.
[1024] «De ce que, y est-il dit, dans l'affaire des Tripolitains, il avait menti aux oreilles sacrées.» Quὸd in causa Tripolitanorum apud aures sacras mentitus est. Amm. Marc. l. 28, c. 6.—S.-M.
L.
Suite de cette affaire sous Gratien.