[1083] Quanquam igitur immite quiddam barbaricis concrepantibus armis manipuli furentium imminebant, ipsi quoque parmas genibus illidentes. Amm. Marcell. l. 29, c. 5.—S.-M.

[1084] Ad civitatem nomine Contensem flexit iter. Amm. Marc. l. 29, c. 5. C'est encore une ville dont la position est inconnue.—S.-M.

LXI.

Guerre contre les Isafliens.

Firmus, abandonné des Nègres, se réfugia avec Mazuca son frère, et le reste de sa famille, dans le pays des Isafliens[1085]. C'était le peuple le plus puissant de ces contrées[1086]. Le roi Igmazen était guerrier, et célèbre par ses victoires[1087]. Le commerce qu'il entretenait avec la province romaine lui avait procuré de grandes richesses[1088]. Théodose lui envoya demander le rebelle, et, sur son refus, il lui déclara la guerre. Il y eut une sanglante bataille, où les Romains, enveloppés, furent obligés de faire face de toutes parts, et malgré ce désavantage taillèrent les ennemis en pièces. Firmus chargea lui-même à la tête des troupes: il s'exposa sans ménagement; et ce ne fut qu'après les derniers efforts, qu'il se sauva par la force et la vitesse de son cheval, accoutumé à courir sur les rochers et au bord des précipices. Mazuca son frère, blessé à mort, fut fait prisonnier. Comme on le conduisait à Césarée, où il avait laissé des marques de sa fureur[1089], il s'arracha lui-même la vie en déchirant sa plaie. Sa tête fut portée dans la ville; elle y fut reçue avec cette joie cruelle que produit la vengeance. Théodose ravagea les terres des Isafliens. Plusieurs habitants de la province romaine[1090], qui s'étaient liés avec ces Barbares et retirés dans leur pays, tombèrent entre ses mains. Convaincus d'avoir, par de sourdes pratiques, favorisé la rébellion, ils furent condamnés au feu. De là Théodose s'avança jusque dans une contrée nommée la Jubalène[1091]: c'était la patrie de Nubel, père de Firmus[1092]; mais il fut arrêté dans sa marche par de hautes montagnes, et quoiqu'il s'en fût ouvert le passage malgré les naturels du pays qu'il tailla en pièces, cependant, craignant de s'engager dans ces défilés dangereux, il tourna vers la forteresse d'Audia[1093], où les Jésaliens[1094], nation féroce, vinrent lui offrir des secours de troupes et de vivres.

[1085] Verus indicat explorator, confugisse ad Isaflensium populum Firmum. Amm. Marc. l. 29, c. 5. Ammien Marcellin est le seul qui parle de ces Isaflenses.—S.-M.

[1086] Ammien Marcellin ne dit rien qui puisse faire croire que les Isafliens fussent effectivement plus puissants qu'aucun des peuples de ces régions.—S.-M.

[1087] Rex eorum Igmazen vincere antehac assuetus. Amm. Marc. l. 29, c. 5.—S.-M.

[1088] Rex Igmazen nomine, spectatus per eos tractus opibusque insignis. Amm. Marc. l. 29, c. 5.—S.-M.

[1089] Ubi sæva inusserat monumenta facinorum pessimorum. Ammien Marc. l. 29, c. 5.—S.-M.