[Ζοs. l. 3, c. 12.]

Theod. l. 3, c. 26.

Soz. l. 6, c. 1.

Ayant passé l'Euphrate sur un pont de bateaux[100], avant que les ennemis fussent avertis de sa marche, il vint à la ville de Batné en Osrhoène, de même nom que celle de Syrie[101].—[Un malheur assez semblable à celui qui l'avait déjà alarmé en entrant dans Hiérapolis, vint lui inspirer de nouvelles terreurs dans cette ville. Cinquante des hommes employés au service de l'armée y furent étouffés par la chute d'une meule de paille, qui était très-élevée, selon l'usage du pays. Il en conçut de sinistres craintes sur le succès de son expédition.] On laissa sur la gauche Édesse[102]: le christianisme y florissait, c'était assez pour en éloigner Julien.

[100] Navali ponte. Le pont de Zeugma avait sans doute été détruit pendant les guerres contre les Perses, pour les empêcher de passer l'Euphrate, et de pénétrer dans la Syrie. Outre son armée, Ammien Marcellin remarque que Julien passa le fleuve avec des troupes auxiliaires de Scythes, c'est-à-dire de Goths, cum exercitu et Scytharum auxiliis.—S.-M.

[101] Cette ville, qu'Ammien Marcellin qualifie de municipale, municipium, est appelée une petite ville, πολίχνιον, par Zosime et par Procope (de bell. Pers. l. 2, c. 12). C'est sans doute à une situation semblable qu'elle devait l'identité de son nom avec la Batné de la Cyrrhestique dont il a déja été parlé. Pour la distinguer des autres localités du même nom, on l'appelait en syriaque Bathnan di Saroug ou Batné de Saroug, du nom du pays où elle se trouvait. Ils l'appelaient aussi simplement Saroug; les Arabes l'ont nommée Saroudj. Voyez Assemani, Bibl. orient. t. 1, p. 284.—S.-M.

[102] Zosime (l. 3, c. 12), rapporte précisément le contraire. Selon lui, tout le peuple d'Édesse, Ἐδεσσηνοὶ πανδημεὶ, vint à sa rencontre jusqu'à Batné avec une couronne, l'invitant à visiter leur ville. Julien, selon lui, accéda à leur désir, et vint à Édesse, d'où il se rendit à Carrhes, ἐπιϛὰς τῇ πόλει, ... ἐπὶ Κάῤῥας ἐβάδιζε. C'est Sozomène et Théodoret qui prétendent que Julien évita de passer par Édesse, qu'il laissa sur la gauche. Il est à remarquer qu'Ammien Marcellin semble être de leur avis; car il dit, l. 23, c. 3, que Julien partit affligé de Batné, et se rendit promptement à Carrhes; mæstus exinde digressus venit cursu propero Carras.—S.-M.

V.

Julien à Carrhes.

Amm. l. 23, c. 3.