[124] Cette ville était dans la Mésopotamie, non loin des sources du Khabour ou Chaboras ou Aborras. Elle fut dans la suite nommée Théodosiopolis. Les Arabes l'appellent Rasaïn; on la trouve quelquefois mentionnée dans les auteurs syriaques sous le nom d'Aïn-varda, c'est-à-dire la fontaine de la rose. Elle est presque au centre de la Mésopotamie. Les médailles nous apprennent qu'elle reçut sous le règne de Septime-Sévère le titre de Colonie Romaine. Elle eut alors le surnom de Septimia. Voy. Eckhel, doctrina num. vet. t. 3, p. 518.—S.-M.
[125] Gordien, vainqueur des Perses, périt dans la Mésopotamie, par la trahison de Philippe, préfet du prétoire, qui fut son successeur.—S.-M.
[126] Exsectis cruribus relinquetur. Amm. Marc. l. 23, c. 5.—S.-M.
X.
Marche de l'armée en Assyrie.
Amm. l. 24, c. 1.
Zos. l. 3, c. 13 et 14.
Le fleuve Aboras faisait la séparation des terres de l'empire d'avec le pays ennemi. On passa la nuit sur ses bords, et dès le point du jour on sonna la marche. La lumière qui croissait peu à peu découvrait aux regards de l'armée les vastes plaines de l'Assyrie: l'empressement et la joie brillaient dans tous les yeux. Julien le premier à cheval, courant de rang en rang, inspirait aux soldats une nouvelle confiance. Il fit toutes les dispositions qu'on pouvait attendre d'un général expérimenté, pour la sûreté de la marche dans un pays inconnu; il envoya devant quinze cents coureurs pour battre l'estrade[127]. L'armée marchait sur trois colonnes. Celle du centre était composée de la meilleure infanterie, à la tête de laquelle était Julien. A droite, le reste des légions côtoyait le fleuve sous les ordres de Névitta. A gauche, la cavalerie commandée par Arinthée et par Hormisdas[128] traversait la plaine et couvrait l'infanterie. L'arrière-garde avait pour chefs Dagalaïphe et Victor[129]. Sécundinus, duc d'Osrhoène, fermait la marche. Les bagages étaient à couvert entre les deux ailes et le corps de bataille. Pour grossir le nombre des troupes aux yeux des coureurs ennemis, on fit marcher les différents corps à grands intervalles, en sorte qu'il y avait trois lieues[130] entre la queue et la tête de l'armée. La flotte avait ordre de mesurer ses mouvements avec tant de justesse, que, malgré les fréquents détours du fleuve, elle bordât toujours les troupes de terre, sans rester en arrière, ni les devancer.
[127] Selon la chronique de Malala (part. 2, p. 18), ces quinze cents hommes appartenaient aux corps des Lancearii et des Mattiarii.—S.-M.
[128] On pourrait croire, d'après ce que dit Zosime (l. 3, c. 13), qu'Hormisdas avait le principal commandement de la cavalerie, et qu'Arinthée lui était adjoint.—S.-M.