[134] C'était le 7 avril. Ce soldat se nommait Jovien.—S.-M.

[135] Les philosophes alléguaient qu'on avait aussi présenté un lion et un sanglier à Maximien, lorsqu'il marchait pour combattre le roi de Perse Narsès, dont il était revenu vainqueur. Cette objection n'était pas sans réponse. On assurait que ce présage annonçait la perte de ceux qui voulaient envahir le bien d'autrui, et qu'en effet Narsès avait le premier attaqué l'Arménie qui appartenait aux Romains.—S.-M.

XII.

Prise de la forteresse d'Anatha.

Amm. l. 23, c. 5, et l. 24, c. 1.

Liban. or. 10, t. 2, p. 312 et 313.

Zos. l. 3, c. 14.

Cellar. l. 3, c. 15, art. 13.

Deux jours après le passage de l'Aboras on vint à Dura, bâtie autrefois par les Macédoniens sur le bord de l'Euphrate: il n'en restait plus que les ruines[136]. On y trouva une si grande quantité de cerfs, que ceux que l'on tua suffirent pour nourrir toute l'armée. Après quatre jours de marche, on arriva vers le commencement de la nuit à une bourgade nommée Phatusas[137]. Vis-à-vis s'élevait, dans une île de l'Euphrate, la forteresse d'Anatha[138], fort grande et fort peuplée. Julien fit embarquer mille soldats sous la conduite de Lucillianus, qui, à la faveur de la nuit, approcha de l'île sans être aperçu, et plaça ses vaisseaux dans tous les endroits où la descente était praticable. Au point du jour un habitant, qui était allé puiser de l'eau, ayant donné l'alarme, tous les autres montèrent sur le mur. Ils furent fort étonnés de voir les bords du fleuve couverts de troupes, et Julien lui-même qui venait à eux avec deux vaisseaux, suivis d'un grand nombre de barques chargées de machines propres à battre les murailles. Comme le siége pouvait être long et meurtrier, Julien leur fit dire qu'ils n'avaient rien à craindre s'ils se rendaient; rien à espérer s'ils faisaient résistance. Ils demandèrent à parler à Hormisdas, qui par ses promesses et ses serments les détermina à ouvrir leurs portes. Ils sortirent à la suite d'un taureau couronné de fleurs: c'était un symbole de paix. L'empereur les reçut avec bonté, leur permit d'emporter tous leurs effets, et leur donna une escorte pour les conduire à Chalcis en Syrie[139]. Parmi eux se trouvait un soldat romain âgé de près de cent ans, que Galérius avait, soixante-six ans auparavant, laissé malade dans ces contrées. C'était lui qui avait engagé les habitants à écouter Hormisdas. Courbé de vieillesse et environné d'un grand nombre d'enfants, qu'il avait eus de plusieurs femmes à la fois, selon l'usage du pays, il partait en pleurant de joie, et prenant les habitants à témoin qu'il avait toujours prédit, qu'il mourrait sur les terres de l'empire. On mit le feu à la place. Puséus, qui en était gouverneur pour Sapor, fut honoré du titre de tribun: il mérita par sa fidélité la confiance de l'empereur, et devint dans la suite commandant des troupes en Égypte. Pendant que Julien était arrêté en ce lieu, les Sarrasins lui amenèrent quelques coureurs ennemis: il les récompensa, et les renvoya pour continuer de battre la campagne.

[136] Il résulterait d'un passage d'Isidore de Charax, p. 4, que cette ville avait reçu des Macédoniens le nom d'Europus. Polybe en parle (l. 5, c. 48), et semble la placer à l'extrémité méridionale de la Mésopotamie. On croit qu'il en est question dans le prophète Daniel, cap. 3, v. 1.—S.-M.