Chron. Alex. vel Pasch. p. 298.

Niceph. Call. l. 10, c. 34.

Zon. l. 13, t. 2, p. 27.

Cedr. t. 1, p. 307.

Dans le récit de sa mort j'ai suivi Ammien Marcellin, auteur impartial, et qui servait alors dans l'armée de Julien. Sans parler des révélations miraculeuses, qui ne prouvent avec certitude que l'horreur qu'on avait conçue de Julien, je me contenterai de rendre compte de quelques circonstances, rapportées par divers auteurs. Quelques-uns le font périr de la main d'un transfuge; d'autres, de celle d'un bouffon qu'il menait avec lui pour le divertir, ce qui n'est nullement conforme au caractère de Julien. On raconte encore que ce prince étant monté sur une éminence pour considérer son armée, et voyant qu'il lui restait beaucoup plus de troupes qu'il ne pensait, s'écria: Quel dommage de ramener tant de Romains sur les terres de l'empire! et qu'un soldat indigné de cette réflexion inhumaine, lui passa son épée au travers du corps. Sapor lui-même, pour avoir sujet d'insulter les Romains, leur reprocha d'avoir été les meurtriers de leur empereur. Libanius, ennemi juré des chrétiens, en rejette sur eux le soupçon. Ce qui a fait naître toutes ces opinions, les unes bizarres, les autres destituées de fondement, c'est que, Sapor ayant promis une récompense à celui qui avait blessé Julien, personne ne se présenta pour la recevoir: ce qui n'a rien d'étonnant, s'il est vrai, comme un auteur le rapporte, que le cavalier perse ou sarrasin qui lui porta le coup mortel, fut aussitôt tué par l'écuyer du prince. C'est encore une tradition fort commune, que lorsque Julien se sentit blessé, il recueillit dans sa main le sang qui jaillissait de sa plaie; que le jetant en l'air, il s'écria: Rassasie-toi, Galiléen[298]: tu m'as vaincu, mais je te renonce encore; et qu'après avoir ainsi blasphémé contre Jésus-Christ, il vomit aussi mille imprécations contre ses dieux, dont il se voyait abandonné. Ce fait n'est soutenu d'aucun témoignage suffisant. Sans s'écarter du respect que mérite saint Grégoire de Nazianze, on peut douter d'une autre circonstance, qu'il rapporte sur la foi d'un bruit populaire. On disait que Julien après sa blessure, étant couché sur le bord d'une rivière, avait voulu s'y précipiter, pour être mis au rang de ces prétendus immortels, Enée, Romulus et quelques autres dont le corps avait disparu; et que sa vanité allait se satisfaire, si un de ses eunuques ne s'y fût opposé. Mais outre que Julien n'avait point d'eunuques à son service, ce récit ne peut s'accorder avec celui d'Ammien Marcellin, témoin oculaire.

[298] Νενίκηκας Γαλιλαῖε. Theod. Hist. eccles. l. 3, c. 25.—S.-M.

LI.

Faits véritables.

Liban. or. 10, t. 2, p. 323 et 324.

Hier. in Habacuc. c. 3, t. 6, p. 659 et 660.