Soz. l. 6, c. 3.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 299.

[Theoph. p. 45.]

Zon. l. 13, t. 2, p. 28.

Cedren. t. 1, p. 308.

[Niceph. Call. l. 10, c. 38.]

La mort de Julien répandit dans tout le camp l'abattement et le désespoir. Les soldats jetaient leurs armes, comme leur étant désormais inutiles: ils se pleuraient eux-mêmes en pleurant leur empereur; les yeux fixés sur cette terre funeste, ils la considéraient comme leur tombeau, et pas un n'osait espérer de revoir jamais sa patrie: Pourquoi Julien n'est-il pas mort, s'écriaient-ils, avant que d'avoir détruit toutes nos ressources en livrant aux flammes notre flotte et nos vivres? Pourquoi n'a-t-il pas assez vécu, pour nous sauver des périls, dans lesquels son imprudence nous a précipités, et dont sa bravoure héroïque pouvait seule nous délivrer? On embauma son corps, à dessein de l'inhumer à Tarse comme il l'avait ordonné; et dès la nuit même, les généraux assemblés avec les principaux officiers délibérèrent sur le choix d'un successeur. La maison de Constance Chlore s'éteignait en la personne de Julien; et dans l'état où se trouvaient les troupes romaines, enveloppées des plus redoutables ennemis, il fallait sans délai leur donner un chef.

II.

Élection de Jovien.

Deux partis divisaient le conseil. Arinthée, Victor, et ceux qui restaient de la cour de Constance, cherchaient dans leur faction un prince capable de gouverner. Névitta, Dagalaïphe et les capitaines gaulois voulaient élever un étranger à l'empire. Enfin tous les avis se réunirent en faveur de Salluste Second, préfet d'Orient. Mais ce guerrier magnanime sut relever la gloire de ce choix, en refusant de l'accepter: il s'excusa sur sa vieillesse et sur ses infirmités. Comme on le pressait, sans pouvoir vaincre sa résistance, un officier[299] s'adressant à toute l'assemblée, s'écria: Et que feriez-vous si l'empereur, sans venir lui-même à cette guerre, vous eût chargés de la conduire? Ne songeriez-vous pas uniquement à sauver l'armée des dangers qui l'environnent? Quel autre soin doit vous occuper aujourd'hui? Tâchons de regagner les terres de la domination romaine[300]: il sera temps alors de réunir les suffrages des deux armées pour créer un empereur. Cet avis partait sans doute d'un ami de Procope, parent de Julien, qui commandait les troupes de Mésopotamie, et qui avait de secrètes prétentions, comme il le manifesta dans la suite. On n'eut aucun égard à ce conseil; et sans délibérer davantage, les consultants étourdis par le péril et par les cris de ceux qui pressaient l'élection[301], nommèrent Jovien. Il était capitaine des gardes du palais, qu'on appelait les domestiques[302].