[306] Edax tamen, et vino venerique deditus. Amm. Marc. l. 25, c. 10.—S.-M.
IV.
Il est reconnu par les soldats.
Dès qu'il eut été choisi, il sortit de sa tente, et revêtu des habits impériaux, il traversa le camp pour se montrer aux troupes qui se préparaient à se mettre en marche. Comme le camp occupait une étendue de quatre milles[307], les corps les plus éloignés entendant proclamer, Jovien Auguste, et croyant entendre le nom de Julien, se persuadèrent que ce prince n'était pas mort, et qu'il venait lui-même se faire voir aux soldats pour dissiper leur tristesse. Ils répètent cent fois le nom de Julien, et se livrent aux transports de la joie la plus vive. Mais bientôt à la vue du nouvel empereur, cette agréable illusion s'étant évanouie, au lieu des acclamations d'allégresse, ils s'abandonnent de nouveau aux larmes et aux gémissements. Après qu'on eut laissé quelque temps à leur douleur, on assembla les troupes pour confirmer l'élection par leur suffrage: on leur présenta Jovien sur un tribunal. Tous lui donnèrent à grands cris les titres de César et d'Auguste. Alors l'empereur faisant signe de sa main: Arrêtez, dit-il, je suis chrétien: je ne puis me résoudre à commander des idolâtres, qui n'ayant rien à espérer de l'assistance divine, ne peuvent manquer d'être la proie de leurs ennemis. A ces paroles, les soldats s'écrièrent d'une voix unanime: Prince, ne craignez rien, vous allez commander des chrétiens. Les officiers les plus proches de sa personne achevèrent de le rassurer: Les plus âgés d'entre nous, lui dirent-ils, ont servi sous Constantin; les plus jeunes ont été nourris dans la religion de Constance: le règne de Julien a été trop court pour effacer de nos cœurs les premières instructions[308]. Jovien ajouta à son nom ceux de Flavius Claudius, pour s'associer en quelque sorte à la famille impériale, qui venait de s'éteindre dans la personne de Julien[309].
[307] Acies adusque lapidem quartum porrigebatur. Amm. Marc. l. 25, c. 5.—S.-M.
[308] Ces discours ne sont rapportés que par les auteurs chrétiens. Ammien Marcellin raconte au contraire, l. 25, c. 6, que l'on immola des victimes et que l'on examina leurs entrailles pour Jovien, hostiis pro Joviano extisque inspectis pronuntiatum est. Il reconnaît cependant ailleurs (l. 25, c. 10), que Jovien était zélé chrétien, christianæ legis studiosus, mais peu instruit de cette loi, mediocriter eruditus.—S.-M.
[309] Ce sont les médailles qui nous apprennent que Jovien joignit à son nom ceux de Flavius Claudius. Les marbres ne lui donnent que celui de Flavius qui fut pris par tous ses successeurs, qui cherchaient sans doute à se rattacher ainsi à la famille de Constantin.—S.-M.
V.
Trahison d'un officier.
Amm. l. 25, c. 5.